dimanche 12 octobre 2008

Inquiétudes

J'ai toujours des insomnies. Mais je ne peux pas me plaindre, il y a de la variété. Il n'y a pas si longtemps, je m'inquiétais de trouver un prêt bancaire. Puis de l'assurance pour ce prêt. Puis du début des travaux. Puis de la machine à café. Puis de la couleur des murs et de la taille des fourchettes. Le tout entremêlé de cauchemars sous une pluie de CERFAs version confetti. Dernièrement, c'est d'imaginer le quotidien du Café Clochette qui m'inquiète au point d'ôter le sommeil de ma couche et le rose sous mes yeux, lesquels tournent, d'après T., à la mirette façon maquillage de maman panda.
Ce qui m'inquiète ? Deux choses. Banales à première vue par rapport aux soucis précédent, mais on ne choisit pas ses hantises, hein.
Et d'une, je ne suis pas physionomiste pour un sou. Car j'ai une mémoire, non pas photographique, mais scripturale : c'est-à-dire que je ne retiens bien que ce que j'ai vu écrit. Alors une combinaison visage/nom réussie, pour mon faible ciboulot, tient à la condition d'avoir vu écrit le nom de la personne qui se trouve en face de moi. C'est un peu caricatural, mais je n'ai été convaincue du prénom de mon fils que quand je l'ai vu écrit sur le faire-part... Alors je me vois mal proposer des badges à l'entrée du café, juste pour avoir la correction d'appeler par son nom une maman qui vient pour la deuxième fois ou un tout petit loup qui vient me demander un gâteau... Je ferai des efforts. Si vous me voyez le nez tout froncé et le sourcil en bataille, ne cherchez pas, c'est que je fais le tour de la base de données à trous-trous qui me sert de cerveau.
Et de deux, je n'aime rien tant que d'accueillir des gens chez moi, de leur offrir le thé et des petits gâteaux. Le mot qui pose problème ici, c'est offrir. Vu que maintenant, pour vivre, il va bien falloir que je vende ce qu'il me faisait si plaisir d'offrir jusqu'ici. Je ne suis pas sûre d'avoir le gène de la commercitude, voyez-vous. Le commerçage m'est étranger. Vendre des trucs, j'ai jamais fait. C'est un des seuls petits boulots d'été que je n'ai jamais pratiqués, avec la tonte de pelouse et le baby-sitting de koala. Ah oui, c'est très rare, le baby-sitting de koala, pour une raison très simple : en général, il est inutile de monter la garde auprès d'un koala vu qu'il dort environ 22 heures sur 24.
Où en étais-je ? ah oui, vendre des trucs à des gens que j'ai du mal à reconnaître d'une fois sur l'autre. Je me demande si je suis taillée pour le rôle, tout à coup. C'est quand même un peu la base du commerce, du moins je me le suis laissé dire. Il y a autre chose qui me titille l'inquiétude : est-ce que les gens vont vraiment venir chez moi, pour de vrai ? est-ce que je ne vais pas me retrouver toute seule au milieu de mes 19 mètres carrés de surface de restauration, avec tous les jouets dans la cabane à jouets, avec des montagnes de petits gâteaux en attente de dévoration, avec des jouets en bois et des livres d'occasion en stock en attente de petites mains ravies qui repartiront avec, avec une bibliothèque entière dédiée à la petite enfance et avec un MiniLoup tout piteux de ne pas voir arriver les copains prévus ?
Inquiétude, inquiétude, est-ce que j'ai une gueule d'inquiétude ?
Ouaip.

8 commentaires:

juliette a dit…

moi je viendrais, c'est promis!!!! Tu n'auras pas besoin de réfléchir trop longtemps pour te souvenir de mon prénom et de ceux de mes petits (enfin j'espère). Et puis promis je ne repartirai pas sans payer ;-)
En fait les insomnies c'est un peu comme à la fin de la grossesse quand la naissance approche, que tu ferais mieux de dormir pour emmagasiner de l'énergie pour après mais que tu as trop de trucs à penser pour dormir sereinement??? Le café clochette serait-il ton deuxième bébé???

fredo a dit…

Bien vu Juliette, ça doit ressembler à ça !
Allez Pascale, hauts les coeurs !! tu as au moins, tout acuises à ta cause, les mamans de CBB et leurs bébés kangourous, et c'est rien de le dire !
En tout cas moi je viendrai ; et chut, faut pas le dire, mais pour le côté "non physionomiste", je comprends à cent pour cent : je suis pareille...

la tulipe a dit…

Franchement tes deux premières inquiétudes c'est du pipi de chat si je peux me permettre. C'est pas en forgeant qu'on devient forgeron ... Tu vas le devenir physiotruc. Ca fera peut-être ta réputation...
Question vente, pas le choix, c'est vitale, capitale! Je vais le dire à Monsieur le comptable. tu vas voir sa tête ... "C'était pas prévu dans le prévisionnel tous ces clients à qui vous offrez le thé Madame clochette !!!! Veuillez refaire votre tableau excel en triple exemplaires...
Ca ressemble en effet à une fin de grossesse ces insomnies (qu'elle fut longue cette gestation et semée d'embûche!). Pas d'inquiétude, ta maison a déjà connu une naissance à la maison :-) elle saura te protéger pour celle à venir.
Tu as passé des étapes tellement plus difficiles que ce que tu écris me fait sourire. Comme quoi parfois les gros soucis en chassent d'autres plus petits.
Je comprends ton inquiétude de te retrouver dans un lieu vide de client, on a dû passer par là avec S. J'ai oublié. Au début, même si les clients ne sont pas nombreux, t'as des tas de trucs à faire puis, quand tu lèves le nez, tu t'apperçois qu'il y a du monde qui passe chez toi.
C'est typique du "jamais fait - j'imagine le pire".
Allez, courage maman panda.
Bises

Ppn a dit…

Je ne connais pas la Tulipe mais je trouve que ce qu'elle dit est frappé au coin du bon sens (j'aime bien cette expression aussi et elle n'est pas toujours facile à placer...). On voit que les gros soucis sont derrière toi et que tu en arrives aux affres de la création proprement dite. Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer...
PS : j'aime bien le logo, aussi.

Magali a dit…

Courage courage

Pascale a dit…

Merci... Vous avez sans doute raison, quand ce bébé-là sera né, les choses iront mieux, ne serait-ce que parce que je serai trop occupée pour gamberger !

Madalen a dit…

Ca ira très bien Pascale...:-))Tu es pleine de qualités,et nous comptons bien venir aussi...:-))Mais il faut que tu dormes d'ici là ! ;-))
Orange douce et lavande en Huile essentielle à respirer et diffuser le soir,hein... ;-))
A très bientôt!
Bises,

Nathalie a dit…

Je te comprends tout à fait Pascale car te connaissant, je sais que c'est sans doute cet esprit commercitude qui va être difficile à forger... Néanmoins, quand la survie d'une famille est au bout de cet esprit, il ne faut pas tergiverser. Communiquer, tu sais, offrir aussi, apprendre à garder tes secrets (il faudra) et savoir présenter l'addition même à une bonne copine aussi...
Plein de courage dans ses nuits sauvages où le sommeil te déserte. je pense bien à toi et à Samuel et vous espérons bientôt...
Nathalie et sa tribu

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