Deux raisons à mon hilarité : d'abord, le dessin chaleureux de l'auteur de Hippolyte et Jérémie qui me chatouille régulièrement les zygomatiques, ici (clic), parce que sous l'austérité et la froidure apparentes se cache un sens de l'humour des plus délicats. Et puis une série de conversations qui m'a rappelé les temps joyeux des démarches en tout genre, il y a un an : à la suite d'une malencontreuse chute vaisselière, voilà la plaque de ma cuisinière high-tech toute amochée. Bon, c'est pas grave, mais il faut la changer et comme je suis un peu prise par le temps rapport à des gens affamés qui devraient venir mercredi midi et les jours suivants et un anniversaire jeudi soir (vous n'aviez pas oublié quand même ?), il faut que je débusque un nouvel appareil ou fasse réparer celui-ci aujourd'hui.
Premier appel, le magasin : "ah non, la garantie c'est pas nous, c'est le constructeur."
Puis le constructeur : "ah non, il faut voir avec le magasin, et puis la réparation c'est pas nous, c'est le réparateur."
Le réparateur : "ya pas de garantie pour ça, ma pauv' dame, et puis la pièce elle est indisponible chez mon fournisseur, ça peut prendre trois jours comme cinq semaines ou jamais."
L'assureur : "ah, alors pour ouvrir le dossier il faut une déclaration, et un fax du réparateur, et il faut garder l'appareil pour l'expertise, mais ne vous inquiétez pas, on va trouver une solution."
Et ben en plus non, je ne m'inquiète pas. Je ne sais par quelle étrange alchimie, cette péripétie me semble toute naturelle en cette semaine d'anniversaire. Comme s'il était naturel de se rappeler que ce n'est pas une entreprise ordinaire, qu'elle s'est construite sur des péripéties et des hasards et des rencontres et des accidents du destin qui faisaient entrer l'inconnu dans l'attendu ; comme un clin d'oeil du destin (ou de ce à quoi vous croyez, je ne suis pas sectaire) pour entamer cette nouvelle année d'existence du Café Clochette. Vous voyez ce que je veux dire ? pas sûr, je ne comprends pas trop moi-même...
Bref, je suis rentrée sur un nuage de mon week-end à l'écart de toute contingence clochettesque et je savoure mon retour comme le départ pour l'aventure d'une deuxième année aussi improbable et riche que la première.
En rentrant, j'ai imaginé la mouette dans ces murs, en train de réaliser dans la cuisine ces plats qui n'avaient jamais été concoctés ici, et j'ai regretté qu'on n'ait pas passé plus de temps ensemble à travailler. Mais c'est bien comme ça, elle a des tas de choses à faire, la mouette. Déjà, retrouver l'espoir que son rêve à elle prenne forme dans la réalité. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûre que ce sera le cas et que dans pas longtemps, je viendrai vous annoncer que ça y est, elle va ouvrir ! il y a cette ténacité qui l'anime, l'intelligence de ses mains au travail, la chaleur de son sourire, son talent pour deviner ce qui plaira aux convives, tout ça va bientôt lui être bien utile dans son restaurant. Allez la mouette, hop hop, courage, c'est pour bientôt, là tout de suite !
Merci à toi d'avoir été présente et bravo d'y avoir aussi bien trouvé ta place. Merci pour les recettes et les discussions. Merci aussi d'avoir pris soin de mes trois terreurs pendant mon absence.
Bon vent et belle mer, la mouette, et à très bientôt.
