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dimanche 20 juin 2010

Bibimbap

Le bibimbap vient de faire une entrée remarquée à l'ardoise du Café Clochette, tout ça parce que la cafelière, dans un moment de pénurie livresque, a acheté un bouquin au Papier Timbré (clic) et que le héros du dit livre y dégustait un bibimbap, donc. Le livre, si vous êtes curieux, c'est Les accommodements raisonnables, de Jean-Paul Dubois (si vous ne connaissez pas Vous plaisantez, Monsieur Tanner, du même Jean-Paul Dubois, je vous encourage vivement à foncer dessus et à le dévorer, surtout si vous avez des projets immobiliers). Il aurait degusté des pieds de cochon, comme un autre héros, ça m'aurait moins parlé, mais un plat exotique au nom rigolo, ça ne pouvait pas manquer de me faire dresser l'oreille. Enfin friser les yeux. Enfin bref. Après un petit tour sur internet pour trouver quelques versions de la recette, voici celle qui a fait son apparition cette semaine au Café Clochette. Si vous avez des envies gastronomiques, vous savez ce qui vous reste à faire : trouver le livre qui contient l'objet de votre fringale et le faire parvenir à la cafelière...


Bibimbap (riz mélangé à la coréenne)

Faites cuire du riz selon votre méthode habituelle.
Râpez deux carottes et deux petites pommes de terre et faites-les revenir à la poêle jusqu'à ce qu'elles commencent à dorer. Arrosez d'un trait d'huile de sésame et d'un peu de sauce soja. Réservez.
Couper en tranches très fines du faux-filet de boeuf, faites mariner dans un mélange de sauce de soja, miel, huile de sésame, ail écrasé et graines de sésame. Faites revenir rapidement et réservez.

Epluchez un concombre, détaillez-le en tranches et faites dégorger au sel, réservez.
Coupez en lanières des feuilles de laitue.
Ebouillantez des épinards frais (ou faites cuire selon les instructions des épinards surgelés), arrosez d'huile de sésame et de sauce de soja, réservez.
Enfin, faites cuire deux oeufs sur le plat.
Dans deux grands bols ou assiettes creuses, mettez une petite montagne de riz au centre puis entourez de petits tas de garniture en arrangeant joliment les couleurs. Ajoutez l'oeuf sur le dessus. Accompagnez de do chua (clic) et d'une sauce pimentée (un mélange de miel, huile de sésame et pâte de piment).

Si vous cherchez la recette originale, sachez qu'il y en a des tas, par exemple ici (clic) et ici (clic). Pour une recette en images, allez donc voir par là :












dimanche 13 juin 2010

Bien des choses en somme

Un spectre hante ce blog. Non ! pas Alphonse... un vrai spectre, enfin une inquiétude taraudante, si vous préférez, une ombre qui plane, un doute qui vole, une menace à l'horizon, une fêlure intrinsèque, une faiblesse inhérente, comme un pressentiment...
J'ai passé les quelques derniers jours à mettre en ordre quelques textes issus de ce blog et j'en retire une impression mitigée. Entre l'inquiétude des premiers frémissements de possibilité de l'existence du Café Clochette, les premiers mois et leurs Cerfas terrifiants, le passage du premier anniversaire, puis les débuts de la deuxième année, les recettes et quelques billets sur les chats, ça fait bien du bazar tout ça. Ca ne vous arrive jamais de vous dire que vous avez consacré des mois ou des années à une activité dévorante et qu'au bout du compte, il n'en reste que quelques miettes pas très appétissantes ?
J'exagère un peu : il y a quelques billets que j'aime bien ici ou là. Et puis c'est une mémoire vive de ce qui s'est passé ici au cours de ces deux dernières années et comme je ne tiens plus de journal intime depuis mes 12 ans, à la suite d'une sombre histoire de tiroir à chaussettes visité en mon absence, ça me permet de ne pas oublier les détails rigolos. Mais quand même, j'ai comme l'impression que mon écriture se délite et que ce n'est plus vraiment là que ça se passe.
Pourtant, d'avoir revu en vitesse accélérée les émotions liées à cette aventure m'a un peu mis la tête à l'envers. La grosse tête, d'ailleurs, puisque grâce à Daniel, qui tient le chouette blog recreablog.com (clic), le Café Clochette a connu la semaine dernière une minute de gloire dans Elle édition Bretagne, dites donc ! Toute l'équipe est très fière. Et vu que, comme le précise Daniel, "tous les gâteaux sont maison", vous imaginez la pression ? on a pâtissé toute la semaine. La dernière version de sablés maïs, orange et pépites de chocolat, sans gluten, est particulièrement réussie. Seul bémol : les gâteaux nous explosent entre les doigts à la moindre provocation, ce sont donc des sablés à manger à la cuillère. On ne trouve pas plus original sur toute la place de Rennes. Sûr et certain. Je vous livrerai la recette un de ces jours, à charge pour vous de fournir la petite cuillère.
Où en étais-je ? Ah oui, le blog. Alors c'est officiel, le livre de recettes du Café Clochette ne sera pas un livre de recettes, non m'dame. Ce sera un livre consacré au Café Clochette, avec des recettes dedans. Ceci étant (presque) fait, je suis sur le point d'avoir rempli ma promesse envers les heureux récipiendaires du gros lot du jeu des cartes à papattes, et d'avoir bouclé un genre de boucle en concluant par l'écriture ce qui avait commencé par l'écriture. Alors ce fameux spectre, me direz-vous si vous suivez le fil décousu de ce billet bizarre ? Et bien le spectre, c'est de ne plus arriver à écrire ailleurs qu'autour du Café Clochette. Il eut fallu sans doute que je m'écoutasse et d'autre chose plus tôt explorer quelques traces. Faute de quoi, foin de bocks, limonades, cafés et tilleuls, je me retrouve comme une ado à me tortiller la plume pour trouver les mots pour parler d'autre chose. Ca me renvoie quelques années en arrière, à batailler avec la question qui hante les traducteurs littéraires, de trouver une place face aux mots des autres. Sauf que là, ce sont les miens qui commencent à m'encombrer. L'auto-autodafé est bien tentant parfois. Enfin bref, une page se tourne, pour rester dans l'idée. Je suis curieuse de connaître la suite de l'histoire. Zut, si c'est moi qui l'écris, me voilà coincée...
Enfin, faute de trouver une chute valable à ce billet étrange, je le laisse en suspens façon cliffhanger. J'espère que l'herbe est moelleuse au pied de la falaise.

lundi 17 mai 2010

Tentatives d'épuisement

Il arrive qu'on se retrouve avec un petit fond de quelque chose dont on ne sait vraiment pas quoi faire. (Surtout quand c'est le fond de l'air et qu'il est frais, mais c'est le sujet d'un autre débat que je n'ai pas le courage d'aborder ici maintenant, vu que ce fond, précisément, est à l'origine d'une sinusite carabidée qui me poursuit depuis une sebaide et que j'ai comme un léger mal de tête, là.)
Non, je voulais parler des petits fonds de sachets de trucs et de machins : trois pruneaux qui se battent en double duel, quelques graines de sésame noir qui ont survécu à la dernière fournée, un bout et demi de gingembre confit qu'on n'a pas réussi à caser dans un sablé, ce genre de choses. Comme on a, parfois, de drôles d'idées, on se dit que ça pourrait peut-être servir à un exercice de style du genre des Papous dans la tête, version culinaire, et que la contrainte est mère de créativité, tout ça. On a aussi sous la main un épatant petit livre de Cléa, Croquez salé !, et des démangeaisons dans la balance à ingrédients. Alors hop, on fait des expériences.
Acte 1. Hacher des champignons séchés. Une poussière s'élève, c'est que ça fait une poudre toute fine les champignons séchés et hachés au robot. La cafelière tousse. L'éléphant qui s'agite dans ses sinus depuis quelques jours fait des sauts périlleux à travers un cerceau rose.
Acte 2. Ca fait quoi, une cuillère à soupe de sésame, quand on mesure en fond de sachet et qu'on a la flemme d'aller chercher une cuillère à soupe dans le pot sur le buffet à l'autre bout de la cuisine ? Ca faisait trop. C'est du sésame noir et ça a transformé la pâte en amas grisâtre et informe qu'on a le plus grand mal à tasser sur le plan de travail où on est supposé en tirer des morceaux à l'aide d'un emporte-pièce.
Acte 3. Où est l'emporte-pièce ? chais pas, pas le courage d'aller chercher dans le tiroir à bazar où MiniLoup a mis de l'ordre il y a trois jours. Il paraît qu'on peut prendre un verre, prenons un verre. Mauvaise idée, la pâte se réfugie au fond du verre et refuse d'en sortir, il faut y aller à la maryse et toutes mes maryses sont trop larges et/ou trop fatiguées au bout de deux ans de bons et loyaux services pour me rendre celui-là. Penser à racheter une maryse.
Acte 4. Le four est chaud. Les petits tas de pâte ont été péniblement disposés sur une plaque à pâtisserie. Hop.
Acte 5. C'est bizarre. Ca sent comme si c'était cuit, ça a l'air cuit, mais ce n'est pas cuit du tout. Dix minutes plus tard, c'est trop cuit. Il reste un peu de pâte pour une ultime tentative en mettant le four un chouia plus fort.
Acte 6. La cafelière et son éléphant s'efforcent d'écrire un billet de blog à partir des expériences du jour.
Acte 7. C'est trop cuit, forcément, quand on se laisse déborder par la litté-rature et qu'on oublie ce qu'on a dans le four.
Acte 8. Pourquoi s'être levée ce matin ? N'ayant aucune bonne réponse à cette question, je retourne me coucher. Bonne journée tout le monde. Si vous avez besoin d'un fond de sésame noir, j'ai ça, mais la passation ce sera pour après la sieste.

PS. Le livre de Cléa, il est vraiment bien. Suffit de respecter les recettes !

vendredi 26 mars 2010

Des oreilles pour entendre

Nan, je rêve. C'est pas possible. Quand même. Faut oser, non ? Vous trouvez pas, vous ?
Mais quand même enfin voyons !!
Je ne puis y croire. Non vraiment, je vous assure, je suis totalement incrédule sur ce coup-là. D'ailleurs si ça se trouve vous êtes d'accord avec moi, vous autres, là, de l'autre côté de l'écran. Enfin à l'heure qu'il est j'imagine que vous êtes plutôt au fond de votre lit, sauf nos aimables visiteurs d'outre-très-loin, mais si ça se trouve, on est d'accord. Ca me soulagerait bien qu'on soit d'accord, vu que je me sens un peu seule, là.
Nan, quand même.
Ce truc-là, vous y croyez, vous ?

jeudi 28 janvier 2010

Fa-ti-guée

Un peu déboussolée en ce moment, je n'y suis plus du tout. Je rêve en alexandrins, dites donc. Et je m'emmêle les pinceaux en cuisine, à en oublier le beurre salé dans la purée et les oignons dans le bourguignon. Heureusement, la réalité a le don de me tomber sur le paletot pour me ramener au quotidien - et si la chute est rude, elle est bien salutaire. Tiens, encore un alexandrin. Vous avez remarqué ce tic verbal nouveau ? Voilà qui est curieux, il va falloir que j'en parle à mon analyste, c'est toujours la rhétorique qui commence à débloquer chez moi en cas de grande fatigue.
Où en étais-je, déjà ? ah oui, la réalité. Ca ne vous a jamais frappé que la réalité n'a jamais l'air aussi réelle que quand vous êtes en train de faire des bêtises ? du genre, vous oubliez le beurre salé dans la purée et paf, c'est un petit lutin qui vient vous héler en cuisine à la mode de "et ben la cafelière, déjà qu'il y a pas de meringues au dessert, si en plus le plat principal goûte pas comme d'habitude, où va-t-on ?" (avec les variations liées à l'âge du petit lutin, ça peut aller d'un simple froncement de sourcils bien appuyé à une envolée lyrique du plus bel effet chez un comédien shakespearien).
Mais au Café Clochette, il y a un autre genre de réalité, la réalité virtuelle. Oui, j'ai remarqué que c'est un paradoxe. Les gens gentils pourraient appeler ça plutôt un "renversement de perspective", que d'aucuns iraient jusqu'à qualifier d'oxymore.
Croyez-moi, là d'où je suis, j'entends votre silence assourdissant. C'est un grand moment de solitude.
Ne nous égarons pas. J'allais vous parler de la réalité d'une petite entreprise comme le Café Clochette, qui arrive souvent, pour son côté tangible, par la poste et sous enveloppe. Je dois à la vérité vraie de vous avouer que j'ai réfléchi avant de décliner, l'autre jour, l'offre gratuite d'un bouton "panic" pour tout achat d'un système de sécurité haut de gamme. J'ai également hésité devant le catalogue promotionnel de mon magasin professionnel habituel qui me promettait "10kg de choucroute gratuite pour 30 kg achetés". Je vous passe pour l'instant les magnifiques proses issues des organismes chargés du recouvrement des cotisations, dont j'ai toujours l'impression qu'un éditeur intelligent pourrait tirer le prochain Goncourt.
Je passe également sur toutes les offres de nettoyage de ma hotte professionnelle, par des gens certes très polis mais qui s'acharnent à m'appeler trois jours de suite, toujours à midi moins 5. On n'appelle pas un restaurant à midi moins 5 si on ne veut pas se faire appeler par des noms d'oiseaux. Il me semble avoir déjà mentionné cette règle de vie de la restauration que je suis la seule, apparemment, à respecter. Enfin comme c'est moi qui ai le restaurant, je ne sais pas si techniquement je la respecte. C'est comme demander à un tigre de ne pas nourrir les animaux en cage. Non ? Ah non. Zut, si la logique se patafiole aussi, où va-t-on ?
Enfin où vais-je ? Ah ben au lit, tiens, hop. Quelque chose me dit qu'il est temps.

dimanche 17 janvier 2010

Et pourquoi pas ?

Une carotte avec une tête et des bras, ça n'existe pas, ça n'existe pas
Une patate en forme de coeur, ça n'existe pas, ça n'existe pas
Une betterave qui court le guilledou, ça n'existe pas, ça n'existe pas
Des endives qui dansent la gigue avec une noix, ça n'existe pas, ça n'existe pas

Un chat tout roux qui chante le blues, ça n'existe pas, ça n'existe pas
Un pompon de marin posé sur l'aquarium, ça n'existe pas, ça n'existe pas
Un chat qui vous prend dans ses pattes pour un bisou dans le cou, ça n'existe pas, ça n'existe pas
Un robot qui dit "trop fastoche", ça n'existe pas, ça n'existe pas

Un petit loup grimé en roi, couronne en tête, ça n'existe pas, ça n'existe pas
Des dînettes en fête dans la cabane des jouets, ça n'existe pas, ça n'existe pas
Un président à la casserole, ça n'existe pas, ça n'existe pas
Des bonbons bleus posés en tas, ça n'existe pas, ça n'existe pas

...
Quoique

jeudi 15 octobre 2009

Double bagne

- Manman ?*
- Hum ?
- Tu sais, mon vélo ?
- Hum...
- Il faut être grand pour faire du vélo, hein ?
- Oui. Très grand.
- Mais dis, maman ?
- Oui ?
- Si je suis trop grand, mes pieds ils toucheront trop par terre, non ?
- Tu crois ?
- Ben voui. Alors pour faire du vélo, il faut êt' petit, et puis il faut pas êt' trop grand. Alors comment je fais, hein, maman ?
- Ah oui, c'est compliqué.
- Ah oui je sais. Je vais faire du vélo pendant que je suis grand, et quand je serai encore plus grand tu m'achèteras un autre vélo. Hein, maman ?
- Mon fils, tu iras loin.
- Voui. En vélo.


* C'est l'entrée en matière favorite de MiniLoup. Parfois, dans les grandes occasions, il ajoute "ô mère chérie-euh", mais c'est tellement rare que ce n'est jamais arrivé.

vendredi 2 octobre 2009

Il est fou ce doc


Moi, je veux bien "faire avaler un comprimé matin et soir pendant cinq jours", mais... quand il s'agit d'un Timirrou, l'aventure nous attend au tournant et c'est pas forcément une partie de plaisir.
Récapitulons.
Premier soir. "Timirrou, viens prendre ton comprimé !" Le dossier du canapé vibre encore, le chat s'est envolé sur l'étagère. Puis l'étagère d'à côté, le deuxième canapé, hop, zoum, pouf, plus de chat. On fonce sous le lit, pas de chat. L'armoire ? pas de chat. La salle de bain ? ben non. Plus de chat, du tout, nulle part. On descend éplucher des champignons pour la blanquette et qui c'est qui arrive, le museau tout frétillant, dans l'espoir de chiper un champignon pour son apéro ? Timirrou. Seul problème, le comprimé est resté à l'étage et le temps de monter le récupérer, trois champignons, et le chat, ont disparu. Une heure plus tard, qui est-ce qui vient se pelotonner en ronronnant pour s'endormir peinard après toutes ces émotions ? ben oui, le chat. Sauf que le comprimé, etc.
Premier matin. On se réveille tout chiffonné de sommeil, sauf le chat qui s'étire et part croquer ses nouvelles croquettes qui ont l'air, ma foi, très bonnes. On passe discrètement saisir le comprimé et on s'approche en sifflotant du chat qui croque ses croquettes, avale, vous regarde l'air étonné et à la dernière seconde se fait la malle, on plonge, on attrape le gigoton qui se débat, yiha ! on l'a. Il ne reste plus qu'à lui pousser le comprimé dans le gosier. Il refuse de desserrer les dents. On le chatouille, aucun résultat. On lui raconte une blague* pour le dérider. Ca marche pas. On tente un passage en force et hop, le comprimé dans la bouche en évitant les canines. Sploutch. Recraché, le comprimé. Qui tombe dans une rainure de l'escalier, là où même l'aspirateur n'arrivera jamais à l'atteindre. Bon. La mare dans l'homme (on devient fatigué), on va chercher un autre comprimé, mais sans y croire une seconde. Et ben oui. Il est parti quand on revient. Et il passe la journée à montrer sa truffe quand 1) le Café est plein et qu'on ne peut pas quitter les fourneaux 2) on a les mains pleines de farine sans gluten pour faire la tarte danoise 3) MiniLoup réclame instamment et instantanément un goûter. C'est sans espoir (pas le goûter, le comprimé).
On n'est même pas rendu au deuxième soir.
Il est fou, ce doc, non ?

* Comme celle-ci par exemple : "Comment le couple de mille-pattes est-il entré dans l'arche de Noé ?" "Bras dessus, bras dessous, bras dessus, bras dessous, bras dessus..."

samedi 26 septembre 2009

L'avenir des CHR, c'est toi, femme, ma soeur

Je suis abonnée, depuis un an et sans l'avoir demandé, à un magazine qui faisait un dossier, la semaine dernière, sur cette question : "et si les femmes étaient l'avenir du CHR ?"
Je m'attendais à pouffer, j'en suis carrément tombée de ma chaise.
On nous annonçait, à nous les professionnels des CHR (et je souligne en passant que dans ce cas de figure, CHR signifie Cafés-Hotels-Restaurants et non, comme Christine le crut pendant quelques minutes au prix d'une mutuelle compréhension de ce quoi que j'étais en train de lui causer de, Centres Hospitaliers Régionaux - elle eut pendant un instant la ride soucieuse de celle qui se demande si son interlocuteur est parfaitement sain d'esprit, ce qui, s'agissant de bibi, n'est pas sans précédent) que les femmes étaient, donc, sans doute, l'avenir de la profession.*
Et ce n'est pas parce que, à mon avis, poser cette question, c'est un peu comme demander si l'air était l'avenir de l'aéronautique - on peut étudier la question, mais de toute façon il est évident que la réponse est mal posée puisqu'un non serait absurde - que je vais m'abstenir d'en parler, c'te blague. Je m'apprêtais à vous faire un petit billet pas piqué des hannetons sur un ton léger voire primesautier, me moquant légèrement et sans insister des déclarations à l'emporte-pièce du journaliste responsable du dossier en question, dont je regrette d'ailleurs de ne pas connaître le nom (et le genre). Et puis zut, ce sera, tout bien considéré, un billet foutraque et légèrement en pétard parce que faut pas exagérer. On y va ? on y va. Je cite le "chapeau" du "papier".


Pourquoi ne pas miser sur la fidélisation de la clientèle féminine pour dynamiser votre activité ? Trop souvent délaissées, les femmes savent pourtant être reconnaissantes lorsqu'elles sont traitées avec attention... Comme dans la vie au quotidien, sachez les séduire et comprendre leurs besoins. En analysant leurs attentes en matière de services et de produits et en y répondant, la gente féminine** n'aura d'yeux que pour votre établissement. Tout en restant professionnel, sachez les séduire par des idées et des innovations en adéquation avec leurs désirs. Cafetiers, restaurateurs, soyez à l'écoute de cette clientèle au potentiel intéressant pour vos affaires.


Mais sachez rester professionnel, hein ? vous pouvez jouer avec les sous-entendus, les remarques dédaigneuses sur les femmes qu'il faut savoir attirer, petit animaux timides, dans vos généreux antres capables de satisfaire à leurs moindres désirs, mais faut rester professionnel. Enfin ce qui me fait bondir surtout, c'est le "comme dans la vie au quotidien, sachez les séduire..." : déjà, c'est sous-entendre que ces messieurs sont, non pas l'avenir, mais la totalité de la profession. Comme s'il n'y avait pas de femmes qui soient en position de décider dans ce métier-là et qu'une mâle capacité à séduire ces dames soit un prérequis pour l'exercer. Allez, on continue.
Dans la partie "comprendre les attentes des clientes et savoir y répondre", on a des chiffres. Objectivons, donc, le débat. Il paraîtrait que 38% d'entre nous, femmes mes soeurs, sommes "sensibles au développement de l'accueil et du service destiné aux enfants". Bon, là, rien à dire, sinon que je trouve dommage qu'on ne me donne pas le chiffre chez ces messieurs, comme s'ils n'avaient pas d'avis à avoir sur la question. Le cliché rôde. Plus loin, on m'apprend qu'au restaurant, les femmes apprécient la qualité et l'hygiène, qu'elles aiment les prix ronds (il est vrai que compter juste quand il y a des chiffres après la virgule, c'est difficile quand on a des enfants en bas âge qui réquisitionnent votre iPhone sous prétexte de se faire les quenottes dessus, ou des plus grands qui cherchent au GPS le magasin de jeux vidéo le plus proche), qu'elles préfèrent le poisson, les légumes et les fruits de mer et qu'elles se laissent volontier étonner par les formules qui leur sont proposées. Mais le mieux, le top du top, le must, en matière de restauration, se déduit de la proposition suivante : "elles apprécient d'être servies par des hommes, avec humour si possible". Le pendant de ce fait-là, c'est que les hommes aiment être servis par des serveuses accortes en jupe courte, bien sûr.
A l'inverse, elles n'aiment pas : "la viande rouge ostentatoire et la diététique notoire" (quels petits animaux compliqués, quand même, pétries de contradictions et tout), ni "les menus avec des choix multiples", sans doute parce qu'elles partagent avec les poissons (qu'elles aiment manger pourtant, les cannibales) une mémoire vive très limitée dans le temps. Elles n'aiment pas non plus "les attentes ou les services trop rapides". Tiens donc. Voilà qui les distingue du reste de l'humanité. Ya pas photo.
Ah si, ya des photos. Mais je vous les épargne. Parce que je ne ressemble pas à ça et que ça m'énerve juste un chouia, la main parfaitement manucurée tenant avec élégance la flûte de champagne et le sourire éblouissant en robe de soirée, enfin bref. Enfin je suis jalouse, d'accord. Ca fait partie de nos petits travers charmants à nous autres les femmes.***
Les choses à ne pas oublier, pour les restaurateurs, je vous les donne en vrac :
- "Les femmes sont à la fois gourmandes, soucieuses de leur ligne et avec peu d'appétit" (conclusion : il faut trouver un juste équilibre entre plat et dessert gourmands mais toujours allégés en sucre et en matières grasses).
- Le confort : "les femmes apprécient de rester des heures à discuter entre amies si le cadre s'y prête." C'est vrai que les hommes de leur côté évitent comme la peste les lieux où se retrouver entre hommes. La hantise de la convivialité sans doute. Voilà pourquoi tous les bars sont vides depuis les débuts de cette éternité.
- Répondre aux attentes spécifiques, avec la suggestion d'ouvrir un restaurant pour les femmes enceintes, comme à Londres où une femme (ben oui, quand même) a découvert que les femmes enceintes voulaient des choses invraisemblables sur leurs pizzas et a mis au point, avec l'aide d'une nutritionniste, des recettes dont la préférée est celle à la crème glacée aux pistaches avec du fromage, du jambon et des canneberges. "Goût étonnant des femmes enceintes", en effet.
Finalement, il n'y a guère que sur un point que je serai tout à fait d'accord avec le magazine, mais mon avis est biaisé vu que je le mets en pratique depuis déjà un moment ; enfin ici c'est la presse, c'est sérieux, avec des chiffres et tout, et sanctionné par l'autorité masculine :
"Un espace doit être réservé aux enfants. Or, la restauration est majoritairement un monde d'adultes. Pourtant, les enfants pèsent leur poids en restauration : 10 millions de consommateurs potentiels qui représentent 17% de la population française ! On comprend le développement de menus spécifiques à leur intention. Pour les mamans seules avec enfants ou les parents harassés avec des enfants en bas âge, le fast-food apparaît bien souvent comme la solution de facilité pour se restaurer."
On appelle ça un concept. C'est trop cool, man.
Je n'ai plus qu'une chose à dire : pensez à réserver, sinon vous risquez de vous retrouver au milieu de 10 millions de moutards qui ont enfin trouvé une solution de repli après le fast-food du coin. Le cauchemar. Tout ça à cause des femmes.


* Vous êtes priés, au cas où vous trouvez cette phrase totalement incompréhensible, de vous plaindre auprès d'un certain Proust Marcel, qui a lancé la mode des phrases alambiquées et longuettes que, je vous assure, je lui arrive pas à la cheville et de loin. Fin de la parenthèse. Enfin de la note. Enfin bref.
** "Gente féminine", c'est pas correct ça (
voir ici, clic)... "la gent", c'est déjà du féminin, on n'accorde pas. Celui qui a imposé l'expression, Brassens, l'écrivait correctement "la gent féminine" mais bon, n'est pas Brassens qui veut. Ni La Fontaine qui parlait de "gent trotte-menu" pour parler des souris, des vraies souris, avec des petits nez pointus. Pas des dames en talons aiguilles. Encore que dans ce papier, le journaliste parle des gens féminins comme si c'était une population exotique aux moeurs quantifiables au prix d'une étude ethnographique poussée, alors d'ici à croire que l'erreur soit délibérée...
*** Et paf.

dimanche 20 septembre 2009

Précipitation

- Maman ! il tombe des fils !
- Oui, il tombe des cordes, je vois.
- Il va y avoir de l'orage, hein ? avec du tonnerre ?
- Peut-être, oui.
- Mais il faut des luges !
- Euh, non, les luges c'est quand il y a de la neige.
- Mais naaaaan ! la maîtresse elle dit quand il pleut : "mais il faut des luges".
- Ah ? tiens ? on dit ça en Montessori ? c'est curieux.
- Nan, c'est des luges.
- Ahhhh j'y suis. C'est le déluge ?
- Ben oui, c'est des luges.

dimanche 13 septembre 2009

Un jour trouver l'amour en pelant les patates


Et dans leurs yeux peut-être, le miroir de mon âme...

dimanche 29 mars 2009

Fictions

L'inspectrice, épisode 1
L'inspectrice, épisode 2
L'inspectrice, épisode 3
L'inspectrice, épisode 4
L'inspectrice, épisode 5
L'inspectrice, épisode 6
L'inspectrice, épisode 7
L'inspectrice, épisode 8
L'inspectrice, épisode 9

mardi 24 mars 2009

L'inspectrice

L'inspectrice est revenue. Elle s'est assise incognito à une table du Café Clochette.
- Tiens, bonjour inspecteur.
- Trice.
- Pardon ?
- Trice, c'est inspectrice.
- Ah oui pardon, bonjour inspectrice. Tout va bien ?
Elle n'a pas répondu, elle a commandé un thé aux épices du Bengale. Je ne savais pas trop quelle était l'étiquette en pareil cas. S'enquérir de sa santé ? demander des nouvelles de notre "ami commun" ?
Dans le doute, j'ai fait remarquer qu'il faisait beau ces derniers temps. Elle s'est perdue dans la contemplation du sucrier. Il est bizarre ce sucrier en ce moment. Il est censé ne verser qu'une dose à chaque fois qu'on l'incline, par une curiosité physique dont j'avoue qu'elle m'est encore impénétrable, mais depuis quelques jours, il continue à verser sans vergogne au lieu de s'arrêter tout seul. J'ai hésité à faire part de cette particularité à l'inspectrice, et puis je me suis dit que ça allait lui sembler étrange, un peu. J'allais me résoudre à la laisser finir son thé tranquille quand elle a levé la tête et m'a demandé pourquoi j'avais des chats. J'ai eu envie de lui dire que c'était une anti-catachrèse incarnée, pour lutter par anticipation contre le cliché qui veut qu'il n'y ait pas un chat, mais j'ai eu peur de m'embrouiller dans mes explications. Ca m'arrive.
Mais elle a enchaîné tout de suite en évoquant un problème de rongeurs au commissariat de la TA. J'ai failli lui faire part de mon expérience en matière de vétérinaires et de rongeurs mais je n'ai pas réussi à en placer une, pour finir. Elle m'a expliqué que les dossiers grignotés dans les coins n'étaient qu'une vue de l'esprit puisque désormais tout est informatisé (et moi qui m'imaginais des tiroirs en métal comme dans les romans policiers américains en noir et blanc, enfin vous voyez ce que je veux dire), mais que parfois, au détour d'un couloir, on se causait des souris qui décampent au milieu de la nuit, au moment du changement d'équipe, et qu'on entend déraper dans les coins. Et qu'elle se disait de temps en temps que ce serait bien d'avoir un chat à demeure au commissariat, qui se ferait grattouiller les oreilles par les policiers entre deux patrouilles et approvisionner en croquettes à tour de rôle.
J'allais m'asseoir et discuter la question du bout de gras (les chats aiment les bouts de gras mais ça n'est pas bon pour leur santé, il faut savoir ne leur en laisser qu'avec modération) quand... Ô vous, lecteurs curieux de la grande histoire, écoutez-en l’horrible tragédie et vous abstenez de frémir si vous pouvez.* Il faut pourtant bien appeler un chat un chat.** Or les chats sont mortels; Socrate est mortel; donc Socrate est un chat.*** La morgue est un endroit peu engageant, pour ne pas dire lugubre, surtout la nuit.****
Ca y est, je me suis embrouillée toute seule, c'est malin. Vous n'allez plus rien y comprendre et vous allez croire que j'ai inventé tout ça. Ce serait quand même dommage, parce que la réalité est bien plus forte que moi et fait en sorte que mes histoires les plus compliquées ne lui arrivent qu'à la cheville. Donc la vérité vraie. Pouf pouf.

*Rousseau, Confessions.
** Sagesse populaire.
*** Ionesco.
**** Joyce.

L'inspectrice a fini de me parler de chat, a poussé un soupir et m'a demandé si j'avais eu des nouvelles de Monsieur Glacière. J'ai dit que non, mais que comme mon téléphone avait connu une panne, ce n'était pas forcément étonnant. Elle a fait une petite grimace et m'a demandé si le téléphone était vraiment en panne. J'ai dit que oui et que je l'avais changé. Elle a refait une petite grimace et m'a demandé si j'avais toujours l'ancien, des fois qu'on puisse retrouver le numéro d'où Monsieur Glacière m'avait appelée.
Dix minutes plus tard, elle partait avec mon vieux téléphone sous le bras. Quelque chose me dit que je ne vais pas le récupérer de sitôt et que ce n'est pas demain la veille que vous allez pouvoir laisser des messages au Café Clochette.

lundi 16 février 2009

Hyper-bath

Dans un commerce comme le mien, on a une façon de calculer le chiffre d'affaires nécessaire pour que "ça tourne" ; elle est un peu caricaturale mais plutôt efficace, pour autant que je puisse en juger. On estime que la première semaine du mois, on paye les matières premières (café, thé, farine, sucre, chocolat bio, fruits, légumes, viande, riz, lait et lait de riz, jus de fruits, petits pots bio, jouets en bois, livres d'occasion, etc.). La deuxième, on paye les charges, les impôts et ce qu'on appelle couramment les charges sociales (mais qu'on pourrait appeler aussi compléments de salaire des employés). La troisième, le salaire des dits employés et le remboursement des emprunts divers. A partir de la quatrième semaine, on commence à gagner de l'argent sur lequel on pourra prélever un salaire, mais c'est une somme aléatoire sur laquelle il faut penser à prévoir de prélever le renouvellement du mobilier, les investissements non prévus, etc. Autant dire qu'on a tout intérêt à ne pas fermer cette semaine-là... Voilà pourquoi je ne prends pas de vacances, voilà aussi pourquoi pour l'instant, l'avenir du Café Clochette est encore incertain. Pas parce que ça ne "marche" pas, mais parce qu'au bout de trois mois, on ne peut pas encore savoir où on va.
Enfin la bonne nouvelle, c'est que pour la première fois depuis le démarrage, on a dépassé les prévisions établies avec Mister C., grâce notamment à la petite M. qui doit être en train d'étrenner sa nouvelle chaise en bois. Mais à ce stade des choses, le doute persiste et la douceur des choses...
Ca continue, les amis, ça continue !

vendredi 6 février 2009

Hildegonde

Voici les résultats du tirage au sort entièrement pas innocent et absolument pas sorti d'une enveloppe scellée par un huissier, vu que c'est moi qui ai choisi... Je me suis beaucoup amusée, encore, à lire tous vos commentaires de proposition d'un nom pour ma nouvelle recrue, la machine qui fait des frites pas très vite mais très bonnes. De mon chapeau à moi, j'avais tiré Mélusine mais il y a mieux, beaucoup mieux !
C'est parti sur les chapeaux encore, mais de roue cette fois, avec Frida, mais c'est la grand-mère de quelqu'un, et je n'ai pas envie d'embaucher la grand-mère de quelqu'un, je risquerais l'amende pour travail illégal ou un truc dans le genre. Il y avait aussi Frieda, Wilfried, Fritz et Fridolin, avec une préférence pour Fridolin. J'ai trouvé très rigolo cette idée du nom copié sur la fonction, un genre de darwinisme clochettesque qui me plaît beaucoup. Mais attendez, il y en a d'autres : Bonnie, Félicie, Ornella et Berthe. Il y a aussi Arlette (je la vois assez bien prendre la tête d'un mouvement social de libération de l'électro-ménagerie opprimée, certes). Notre J. préférée a soumis, mais pourquoi donc on se demande benoîtement, chtimi, fricandelle ou barraque, un petit coup de nostalgie peut-être ? M. a proposé G. la frite ou G. la patate, et j'aimais bien l'idée de combiner sa proposition avec Gudrune qui est restée en course jusqu'à la dernière minute (enfin le nom est resté en course, Gudrune elle-même me reste inconnue, malgré une recherche sur internet qui m'a permis de tomber sur ce petit bijou de texte signé de Anatole France dans La vie littéraire :

On ne sort jamais de soi-même. C'est une vérité commune à tout le monde, mais qui paraît plus sensible dans certaines natures, dont l'originalité est nette et le caractère arrêté. La remarque est intéressante à faire à propos de l'oeuvre de M. Leconte de Lisle. Ce poète impersonnel, qui s'est appliqué avec un héroïque entêtement à rester absent de son oeuvre, comme Dieu de la création qui n'a jamais soufflé mot de lui-même et de ce qui l'entoure, qui a voulu taire son âme et qui, cachant son propre secret, rêva d'exprimer celui du monde, qui a fait parler, les dieux, les vierges et les héros de tous les âges et de tous les temps en s'efforçant de les maintenir dans leur passé profond, qui montre tour à tour, joyeux et fier de l'étrangeté de leur forme et de leur âme, Bhagavat, Cunacepa, Hypatie, Niobé, Tiphaine et Komor, Naboth, Qaïn, Néférou-ra, le barde de Temrah, Angantyr, Hialmar, Sigurd, Gudrune, Velléda, Nurmahal, Djihan-Ara, dom Guy, Mouça-el-Kébyr, Kenwarc'h, Mohâmed-ben-Amar-al-Mançour, l'abbé Hiéronymus, la Xiména, les pirates malais et le condor des Cordillères, et le jaguar des pampas, et le colibri des collines, et les chiens du Cap, et les requins de l'Atlantique, ce poète finalement ne peint que lui, ne montre que sa propre pensée, et, seul présent dans son oeuvre, ne révèle sous toutes ces formes qu'une chose : l'âme de Leconte de Lisle.

Oh que c'est vachard, parfois, un écrivain qui parle d'un autre écrivain ! en tout cas ici, on avait une belle liste de noms potentiels. L'un d'entre eux m'a attiré le regard (outre Néférou-ra et Tiphaine, je veux dire), c'est al-Mançour. Ca ne vous dit rien ? relisez vos classiques voyons ! la petite maison dans la prairie ? non ? Bon.
Alors bref, revenons à ma machine. Qui eut dit qu'il fut (fut ? serait ? eut été ?) si compliqué de lui donner un nom ? On avait encore, dans la liste des propositions, zatox, le nom du cape-chat du moment, un petit nom tout à fait cybernétique et tout à fait mignon. Egalement Atlas (parce que c'est là qu'on trouve la Frique, bravo D. !), Léontine, que j'ai gardé sur la liste des finalistes, et... Hildegonde ! Et ce sera Hildegonde. Vu que j'en ai rêvé, comme en témoigne le petit carnet qui crèche près de mon lit et sur lequel, le matin, je retrouve parfois tout un tas de petits griffouillis, le plus souvent illisibles. Quand je me suis réveillée il y a deux jours, c'était tout à fait lisible et c'était Hildegonde. Félicitations A., tu es un peu loin pour que je t'offre un thé-petits gâteaux, mais tout virtuellement ils sont à toi quand même !
En plus, la sainte Hildegonde, c'est aujourd'hui. Etonnant, non ?

mercredi 21 janvier 2009

La main à la papatte

Ce qu'il y a de bien avec Mister C., c'est qu'il est imperturbable. J'ai beau faire des bêtises grosses comme le Capitole, ses sourcils ont beau gigoter au beau milieu de son front, il reste d'un calme olympien et d'une gentillesse à toute épreuve.
- Ah, vous avez adhéré au CE TPE ? Et à la DUCS [vous savez bien, c'est le machin auquel adhère Alain, le papa footeux malchanceux] ? En même temps ?
Et Mister C. de m'expliquer que ce sont deux dispositifs administratifs qui permettent de faire la même chose, c'est-à-dire déclarer des trucs et en payer d'autres, mais que si je fais deux fois la même chose, à savoir déclarer et payer des trucs, ça fait une fois de trop. Certes. De plus, étant donné les noeuds administratifs dans lesquels j'ai tendance à m'empêtrer - des années d'analyse ne m'ayant pas encore sauvée de moi-même en ce domaine-, il vaut peut-être mieux éviter de prévisibles imbroglios, pour ne pas dire quiproquos. Il va donc falloir écrire à un des deux organismes pour lui annoncer avec toute la douceur nécessaire que finalement non, on ne va pas faire un bout de chemin ensemble. Rupture déchirante à n'en pas douter.
Pour le reste, il semble que je n'aie pas trop égaré mes chiffres dans des colonnes improbables, tout a l'air à sa place ou à peu près. Il manque une ventilation ou deux, il y a quelques trous dans la logique, mais dans l'ensemble ça se tient. Ouf. Mister C. a aimablement discuté avec un MiniLoup qui attendait avec impatience de récupérer son ordinateur pour regarder Médjéri mais qui a su lui aussi conserver son calme face aux chiffres. Ce qui n'empêche pas que ce matin, je me sois trouvée toute bête quand il s'est agi de calculer un salaire net à partir d'un salaire brut, mais on n'a pas construit Rome en une nuit ni mon esprit mathématique en l'espace d'une virgule. Mister C. a de beaux jours devant lui en tant qu'expert-comptable du Café Clochette. Je suis en train de collectionner les fières chandelles que je lui devrai...
Une annonce pendant que j'y pense et que je vous tiens (par la barbichette) : le samedi 31 janvier, de 14h à 16h, il y aura ici une rencontre sur la maison de naissance que des courageux s'attachent à promouvoir à Rennes. Voir ici pour de plus amples informations.
Et puis... et puis aujourd'hui a été une journée extraordinaire au Café Clochette. En début d'après-midi, pendant que MiniLoup dormait du sommeil du juste loupinet dans le lit des bébés, un peu plié pour tenir mais ça tient, voilà qu'une joyeuse bande de journaliste, journalistes en herbe et techniciens image et son ont débarqué ici. Pourquoi est-ce que pour quoi faire, me direz-vous et vous aurez raison. Pour faire un reportage, je vous ferai dire. Et oui, un reportage. J'avais mis ma jolie robe, forcément. Donc vous pourrez la voir aussi sans même vous déplacer, quand ça passera, sur France 3, début février, mais je vous redirai ça. En tout cas, la magie du Café Clochette a fonctionné aujourd'hui encore. Les gens se sont causés - certains un peu intimidés par la lumière inhabituelle et n'osant pas trop croquer dans leur mantecaos... Merci à tous pour ce beau moment qui a tant impressionné MiniLoup que depuis il joue à la caméra avec un tube en carton. Et des gens sont passés aujourd'hui qu'il m'a fait particulièrement plaisir de voir, pendant et après cet épisode télévisuel at home.
Je termine avec l'évocation de l'épisode hebdomadaire de la pattucure de Clochette. Quand on est une jeune lady renifleuse de bébés (elle adore venir voir ceux qu'elle ne connaît pas encore et leur chatouiller le nez avec ses moustaches ; ceux qu'elle connaît, elle les laisse parfois les lui tirer, les moustaches, enfin pas très longtemps quand même, après elle grimpe sur l'aquarium pour dominer la situation hors de portée des menottes), on se doit d'avoir les patounes impeccables et le bout des griffes un peu limé. Ce qui me renvoit périodiquement à un épisode digne de la visite au docoteur des chats, mais plus court heureusement. Attraper la bestiole, la coincer dans une serviette éponge en lui parlant doucement, lui couper en trois temps deux mouvements le bout des griffes, reposer l'animal par terre et ne pas fondre en larmes devant son regard profondément blessé. Ne pas rire non plus quand elle se regarde le bout des pattes d'un air incrédule avant de se diriger vers le tapis en sisal où l'attend un long travail d'affûtage. Pourquoi je vous raconte tout ça, ma foi je ne sais même plus. Je crois bien qu'il y avait une raison. Ah oui. Le titre. Ca m'arrive de trouver un chouette titre et de devoir caser dans le texte l'histoire qui correspond. Dont acte. Et voilà. Hop.

jeudi 15 janvier 2009

Millefeuille d'échine au pesto

Il y des fois dans la vie d'un grand chef...
Non.
Il y a des jours où le frigo est vide...
Non plus.
Parfois, lorsque l'inspiration frappe...
Trop pompeux.
Bon, alors comment je fais pour vous expliquer que j'ai créé une recette, que j'en suis très fière et que je m'en vais vous la donner sans plus de carabistouilles ? J'ai recours à une figure de style que les plus assidus d'entre vous reconnaîtront peut-être car il me semble l'avoir utilisée à de nombreuses reprises, le style n'étant plus la marque de l'originalité de nos jours mais juste la patte d'un blog quelconque. Non ? Si ? Où en étais-je ? Ah oui, mon millefeuille d'échine au pesto.

Millefeuille d'échine au pesto

Coupez en tranches toutes fines un beau rôti dans l'échine, rôti cuit d'avance bien sûr, sur un lit douillet de thym et de romarin si vous avez ça sous la main. Empilez-les par trois ou quatre (mille, c'est aussi un effet de style, voyez-vous) sur un plat à four en étalant une petite cuillerée de pesto sur chaque tranche. Terminer par une tranche épaisse de mozzarella et quelques pignons. Mettre à four bien chaud pour faire gratiner tout ça. Servir avec du riz et une petite tombée de carottes râpées au cumin (ça a l'air tout compliqué comme ça, en fait c'est juste quelques carottes râpées revenues à l'huile d'olive et sur lesquelles on jette négligemment un peu de cumin écrasé et de fleur de sel).

La citation du soir :
"C'est un boulot de travailler avec du travail, et après les enfants ils vont revenir parce qu'il y a du boulot de travail. Voilà, c'est ça. Je crois que j'ai raison." MiniLoup

mercredi 24 décembre 2008

Please welcome

(Roulements de tambour, quelques cymbales aussi).


Please welcome.....


Eustache Archambaud Augustin Louis de Mirlia

J'aimais beaucoup Archambaud, que j'eusse aimé orthographié Archambault par un mystère qui ne tient qu'à un fil, mais ça ressemble beaucoup à Clérambault et ça m'a un peu fichu les foies, alors ça sera en deuxième prénom seulement. Augustin Louis et Mirlia sont particulièrement inventifs et pourvus d'une histoire fascinante si on gratte un peu. Augustin Louis était semble-t-il négligent envers les manuscrits des copains ce qui est de mauvais Galois, mais pour tout le reste il a Euler d'un homme digne et compatissant. Je sais, ces jeux de mots ne valent pas tripette, que voulez-vous c'est la fin de l'année. Pardon monsieur Cauchy.
Mirlia m'intrigue beaucoup. Ca fait un nom de famille épatant.
Ce sera finalement Eustache en petit nom quotidien pour mon aspirateur, parce que dans une maison pleine de moustaches j'aime bien que ça rime.
Bravo pour cette belle imagination et les commentaires de présentation qui m'ont bien fait rire.

A tous, que ce Noël vous soit doux, en famille ou ailleurs, parmi vos frères humains ou dans un désert figuré ou réel, sensible aux effluves d'encens ou de nourritures plus terrestres...
Joyeux Noël à tous !

jeudi 11 décembre 2008

Du nom des choses

Encore une journée riche en émotions au Café Clochette. Elle a commencé par la réunion "bambins" de La Leche League, avec Magali qui étrennait son tout nouveau statut d'animatrice. Merci pour ce bon moment Magali, tu as pris une relève difficile avec brio !
Suivirent un déjeuner avec des assiettes de salade d'hiver et des gens qui papottent, puis des thés-petits gâteaux avec des gens qui passent et qui s'installent, et puis... tout le reste, quoi.
Merci pour vos messages suite au billet d'hier et ne vous inquiétez pas : je vais bien, MiniLoup aussi. J'ai appris la mort de quelqu'un que j'aurais aimé mieux connaître et j'en ai été très touchée.
Mais je ne vous laisserai pas sur ça, j'ai un mot bien plus léger à vous dire sur la domesticité du Café Clochette (ça se dit toujours, ça ? on va inventer une nouvelle façon de le dire, alors).
Je réalise ce soir que j'entretiens désormais une relation des plus intimes avec mon aspirateur. Avant, on était copains, mais pas très proches, je veux dire qu'on ne passait pas nos loisirs ensemble si on avait autre chose à faire de plus intéressant. Dernièrement, hasard ou nécessité, nos chemins ne cessent de se croiser (ce qui est des plus agaçants vu que l'individu est pourvu d'un fil et moi de pieds). Et nous voilà à nous fréquenter assidûment. Et misère de misère, il n'a même pas de nom le pauvre, et j'ai l'imagination en berne ce soir. J'ai donc besoin d'un petit coup de main pour prénommer l'olibrius, si vous n'avez rien de mieux à faire. Ca évitera peut-être à Prosper et consort de continuer à le regarder de haut (il faut dire que Prosper est posé sur le plan de travail et que X n'y monte jamais, ça crée une hiérarchie automatique). Mais je vous en prie, ne l'appelez pas Evariste. C'est le nom de l'ex, et ça le met en pétard qu'on parle de lui.

lundi 8 décembre 2008

Nostalgie ?

On vient gentiment de me convier à un séminaire sur « Le marquage anaphorique en question dans quelques extraits de /Sartoris/et de /Flags in the Dust/ de William Faulkner ». Hum. Je me tâte. Ca me changerait des mantecaos, mais il faudrait que j'aille réviser mes fiches sur ce que peut bien vouloir dire le marquage anaphorique.
C'est un tournant stratégique dans ma carrière.
Nan, allez, je reste ici. Le four, c'est 195°C pour les mantecaos, je parie que William Faulkner ne le savait même pas.
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