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vendredi 18 juin 2010

Pétition pour le soutien aux sages-femmes

SOUTENEZ LES SAGES-FEMMES

Les sages-femmes sont menacées…

Au nom de la sacrosainte rentabilité, des maternités ferment pour se regrouper au sein de pôles d’accouchements où les conditions de travail ne cessent de se dégrader. En parallèle, l’activité libérale des sages-femmes reste méconnue des femmes et très peu promue par les pouvoirs publics.
• Savez-vous qu’une sage-femme peut assurer le suivi de grossesse dès sa déclaration ?
• À responsabilité et contenu équivalents, un acte de sage-femme tel que la consultation reste sous rémunéré à 17 ou 19 € par rapport au même acte effectué par un médecin (23 € en janvier 2011).
• Des cabinets ferment faute de revenus suffisants malgré un nombre d’actes croissant.
L’exercice libéral ne peut donc pas pallier aux difficultés des femmes à réaliser leur projet de naissance. Présentes pour accompagner les 800 000 naissances en France chaque année, les sages-femmes, spécialistes et garantes de la physiologie, pratiquent les 2/3 des accouchements sous leur seule responsabilité.

Il est capital de préserver la qualité de cet accompagnement, pour que chaque vie soit accueillie avec délicatesse et que naître rime avec « bien naître » pour la mère et l’enfant.
Aujourd’hui l’art de la naissance est en danger.

SAGES-FEMMES MENACEES = FEMMES EN DANGER

Les sages-femmes peuvent assurer un suivi global, respectueux des usagers et de la physiologie, avec une médicalisation à bon escient de la grossesse et de l’accouchement. Elles pourraient assurer leur mission tout en réduisant le coût général des dépenses de santé.
Manifestation le vendredi 18 juin à 10h30, place de la République à Paris, tout en noir, pour marcher vers le Ministère du Budget, quai de Bercy.

Signez la pétition ici : http://petitionsagesfemmes.zigszags.org/

dimanche 6 juin 2010

Conférence

Le jeudi 10 juin à 20h30, aux Champs Libres, le Bureau des temps de la Ville de Rennes vous propose une conférence animée par Sylvie Cadolle (auteur, chercheuse et sociologue) et intitulée "Le temps des recompositions familiales" : "après la séparation du couple vient souvent le temps de la recomposition. Celle-ci se caractérise par la complexité des relations familiales qu'elle provoque. Lorsqu'ils conservent un lien avec leurs deux parents, les enfants doivent s'adapter à deux foyers, deux modes de vie, deux beaux-parents, des demi ou quasi frères et soeurs... Ils sont parfois confrontés à de nouvelles séparations, à la perte de certains liens. Quels temps et rythmes nouveau ces mutations entraînent-elles ? Quelle influence ceux-ci ont-ils sur les liens familiaux ?" Sylvie Cadolle nous invite à adopter une perspective longitudinale, à travers la durée, pour mieux comprendre les mutations de la famille contemporaine. Pour assister à cette conférence, la réservation est conseillée (au 02 23 40 66 00 ou sur place).

lundi 24 mai 2010

J'essaie d'arrêter, mais pas tout

Ca fait maintenant deux bonnes années que j'ai commencé à rêver à avoir un blog. Voyez où ça m'a menée. Enfin ça pourrait être pire, mais c'est vrai que quand votre premier réflexe quand il se passe quelque chose, ce n'est pas de décrocher votre téléphone pour parler à quelqu'un de réel ou de foncer parler à des vrais gens qui peuvent répondre en se moquant de vous ou en compatissant, selon la situation, mais de foncer sur les touches pour raconter tout ça, voire pour en profiter pour faire des effets de style, vous pouvez commencer à vous poser des questions. C'est un réflexe auquel on résiste, notez bien. Surtout quand des gens réels se chargent de vous bousculer un peu pour vous sortir de derrière vos touches. Merci à tous ceux qui se sont manifestés ces derniers temps, y compris en grec ancien ou à des heures indues derrière le rideau tiré !
Et puis il y a des situations où il n'y a pas grand-chose à dire mais plutôt des choses à faire et je vous invite à jeter un coup d'oeil à l'affiche qui suit. Pour défendre la liberté d'expression et faire poids là où, aujourd'hui, il est important de ne pas détourner le regard des réalités, venez faire un tour mercredi soir à la Salle de la Cité et soutenir le Collectif de soutien aux personnes sans papiers de Rennes.


jeudi 3 décembre 2009

Généalogie d'un déterminisme ordinaire

Un mien cousin s'est réveillé, citoyen ordinaire, un petit matin d'hiver... mais ne sommes-nous vraiment que des citoyens ordinaires, quand l'extraordinaire fait irruption dans nos quotidiens ? Il m'a envoyé le message qui suit, que je vous fais suivre à mon tour. Et pour que ce soit clair (parce que par ici ça ne l'est pas toujours) : non, ce n'est pas une fiction. Hélas...


Six heures du matin, Paris, sur les bords des Maréchaux, aux avant-postes des conquêtes du froid.
Une déflagration sourde suivie d'aboiements inhabituels me tire violemment des rêves douillets du petit matin dans lesquels j'ai toujours plaisir à me perdre. Un cri guttural perce l'ouate molletonnée du sommeil : " police ! ". J'émerge difficilement et ouvre ma porte. Celle de mon voisin, blindée avec serrure trois points, n'a visiblement pas eu l'audace de résister à la force légitime et violence légitimée par l'uniforme. Elle gît dans le couloir et un chien policier victorieux clame sa supériorité en la foulant aux pattes. Un bélier en travers du couloir, des chiens, une bonne douzaine de policiers et policières : "rentrez chez vous Monsieur, rentrez immédiatement".
Sept ans, pas de père, ou plutôt père inconnu, la mère a trop d'amants. Il s'appelle Sébastien, parce que Maman adorait regarder Belle et Sébastien à la télé quand elle était petite. Elle est morte d'une overdose dans la cage d'escalier qui menait au domicile de la grand-mère dans lequel elle vivait avec Sébastien. Sept ans, pas de père, plus de mère et pour seule famille une grand-mère qui a quatre enfants de quatre pères différents et dont aucun n'a reconnu aucun. L'un des oncles de Sébastien fait le va et vient entre la prison et le domicile de la grand-mère, l'autre est parti sans laisser d'adresse. La maman de Sébastien est morte et la dernière des filles qui a échoué au brevet des collèges tente une formation d'aide à la personne.
Quand Sébastien a perdu sa mère, il a été confié à la DASS par la justice. L'oncle taulard et l'overdose de la mère ont joué en défaveur de la grand-mère. Il a ensuite été bringuebalé de centres du sud-est en centres du nord-ouest et onze ans se sont passés pendant lesquels il revenait voir grand-mère sur les Maréchaux parisiens pendant les vacances. A dix-huit ans, le domicile de la grand-mère devint le sien de fait.
Il a raté son brevet des collèges. Est-on en mesure d'avoir la tête libre pour additionner 2+2 et soustraire quelques fractions quand son passé, sa vie, est celle de Sébastien ?
Le petit garçon de sept ans mesure maintenant un mètre quatre vingt dix et est bâti comme un rugbyman. Depuis ses dix-huit ans, il n'habite pas vraiment chez sa grand-mère, il y dort. N'ayant aucun diplôme, il n'a aucun travail. N'ayant aucun travail, il n'a aucun argent. Mais jeune adulte dans un foyer où la télévision braille en permanence des désirs à désirer plus que tout et dans l'immédiateté, il a des besoins. Il n'est donc que peu le bienvenu chez mamie qui le met régulièrement à la porte et lui a supprimé les clés de l'appartement.
Sébastien est en bas, avec les copains, dans la cage d'escalier du 3 ou du 1. Il fume des pétards à l'endroit même où sa mère est morte une grosse dizaine d'années plus tôt. Quand les vieux râlent trop que ça pue dans l'entrée, ils se réfugient tous dans le local poubelle pour boire du red-bull additionné de vodka ou de gin, en fumant quelques pétards pour oublier que l'on peut se souvenir.
Mais oublier coûte cher et Sébastien a investi.
Les policiers ont emmené Sébastien ce matin dans les lueurs blafardes et froides de l'aurore. Le gardien de l'immeuble a pu dire par la suite que Sébastien n'avait de toute façon rien compris, qu'il faisait le malin avec ses menottes aux poignets. Dernières escarbilles, ultimes feux jetés sur le monde des Maréchaux. Fierté : le maigre butin des vaincus.
Si vous ne connaissez pas intimement la suite dans votre chair et votre esprit, vous l'imaginez aisément. Garde à vue, fouille à corps, enfermement dans quelques mètres carrés jamais lavés et puants, questions et questions sans autre nourriture qu'un maigre sandwich au pain déjà trop vieux. Pour la justice française kantienne, Sébastien sera coupable puisqu'il n'est pas dément et est donc possesseur d'un libre-arbitre. Sébastien avait le choix de vendre ou de ne pas vendre de drogue. Il a choisi la délinquance, donc il doit être puni. Sébastien a eu le choix de ne pas avoir de père, d'avoir une mère décédée d'overdose, d'être privé d'amour et de faire semblant de vivre en se défonçant réellement. On a les choix que l'on peut !
Quand Sébastien est parti ce matin, entouré de policiers, la grand-mère lui a crié "bon débarras, reste-y !", puis "et ma porte, qui c'est qui va me la payer la porte ?".
Les policiers n'ont rien répondu, France 3 était en train de tourner.

lundi 9 novembre 2009

Qu'est-ce qu'être Français ?

Autrement dit, qu'est-ce que c'est, ce que l'on a, quand on est Français ?

Est-ce... une histoire commune, qui nous distingue des autres (ceux qui ne seraient jamais entrés dans l'Histoire, comme qui dirait, par exemple...) ?
Est-ce... un patrimoine commun que les autres n'ont pas ?
Est-ce... une langue commune, avec son histoire et ses évolutions, différente de celle des voisins ?
Est-ce... un bout de territoire aux frontières duquel les autres doivent s'arrêter faute d'être comme nous ?
Est-ce... une histoire d'argent, tout le monde cotisant au même pot commun (et se jugeant mutuellement à l'aune de leur cotisation respective) et tant pis pour les autres ?
Est-ce... un ensemble de rituels et d'habitudes héritées des anciens, transmises et distordues, et auxquelles on tient par sentimentalisme, par habitude, ou parce que ça nous fait des racines ?
Est-ce... un ensemble de symboles, de frontons, de dictons et de héros ?
Est-ce... ce que nous mangeons et ce que nous buvons et nos façons de le faire ?
Est-ce... une culture, des films, des mots, des images, des mouvements ou des sons ?
Est-ce... ce qui nous distingue de ce qui n'est pas nous ?


Ou est-ce... un droit universel ?

Le droit à ces choses que nous avons déjà.
Le droit à un système de santé qui permette à tous de vivre le mieux possible.
Le droit de disposer de quoi boire à notre soif, manger à notre faim.
Le droit de partager notre humanité pour lutter contre la solitude.
Le droit à être logé dignement.
Le droit à une éducation pour tous, afin que chacun consacre à l'intelligence toutes les chances qu'elle peut avoir.
Le droit à un Etat qui fonctionne, où les pouvoirs s'équilibrent, où tous peuvent participer.
Le droit à la liberté de croire et de s'exprimer, la liberté de créer et d'inventer, la liberté de rencontrer et d'apprendre, la liberté de défendre ses convictions et de refuser l'inacceptable.
Le droit à la volonté de faire en sorte que chacun profite au même titre de ces droits dits de l'homme, qui sont aussi de la femme et de l'enfant, juste par la grâce de leur commune humanité.
Le droit à un idéal d'humanité.
Le droit à l'idée qu'à l'aune de tout ça, du coup, personne d'entre nous ne pourrait se dire tout à fait Français...


En contrepartie d'un droit, il y a des devoirs.
Devoir de participer à la maison commune. Celle qui brûle ou qui ne brûlera pas ; celle qui se contruit chaque jour, à tous les niveaux de décision et même chez ceux qui ne croient pas avoir voix au chapitre ; celle que construisent nos enfants à la minute où il apparaissent sur cette terre ; celle qui se tricote dans les liens qu'on entretient chaque jour les uns avec les autres.
Devoir d'espoir. Ne pas se résoudre à baisser les bras. Toujours croire qu'on peut arriver à mieux.
Devoir de respect pour ce qui existe mais plus encore pour ce qui doit devenir.
Devoir d'aider ceux qui n'ont pas encore nos droits à les acquérir peu à peu.


Etre Français, à mon avis, ce n'est pas ce que l'on a... c'est un chemin vers ce que l'on espère devenir.

mardi 7 avril 2009

Délinquants ordinaires

Demain, je ne serai pas là ; le Café Clochette sera ouvert pour les vacanciers, Christine sera sur le pont avec Isabelle en train de servir du poulet au curry, du jambon grillé, des lasagnes au chèvre et aux épinards et des petits gâteaux, mais moi je serai occupée à d'autres choses. A dire un vrai non pour pouvoir dire aussi de vrais oui.
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