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lundi 27 juin 2011

Braderie

Si vous avez trop chaud à la grande braderie de Rennes mercredi prochain (le 29), venez donc faire un tour au frais, à la petite braderie du Café Clochette... La cafelière fait ses cartons et il y a plein de choses qui ne partiront pas avec elle, mais qui seront sans doute bienheureuses de partir avec vous. Amenez vos sacs, paniers et autres cartons !
Livres pour enfants et adultes, vaisselle, déco, vêtements adultes et enfant, couches, machine à calculer, plaque à induction, tasses et théières, matériel de bricolage, jouets en bois et encore plein d'autres trucs... Un peu de neuf, un peu d'usé, beaucoup de choses...
Nous ouvrirons à partir de midi environ.

mercredi 15 juin 2011

Gâteaux au miel (de sapin)

"Et surtout n'hésitez pas à me rappeler, chère Madame !"
Surréaliste. C'est la première fois qu'un banquier, a fortiori le mien, me parle avec autant de miel dans la voix. C'est à se demander si je n'ai pas soudainement changé de dimension. Ce qui est, maintenant que j'y pense, probablement le cas. Dame, c'est que je suis passée de la cliente-qui-a-une maison-et-un-commerce-mais-surtout-des-dettes à la cliente-qui-n'a-plus-de-maison-ni-de-commerce (mais plus de dettes non plus, enfin un de ces jours). On est donc passé de "Madame, vous êtes encore dans le rouge, rappelez-moi" à "Oh, vous achetez une voiture, formidable ! vous savez qu'on vend des assurances pour les voitures, chez nous ?" et à l'invocation de l'ombre tutélaire d'un hypothétique conseiller personnel à venir. L'autre jour, mon conseiller actuel m'a même offert un stylo, c'est dire si on est copains.

J'ai donc, ces jours-ci, acheté une voiture. Pour tout un tas de raisons, c'est une grande nouvelle pour moi. Il me reste à affronter quelques Cerfas pour être totalement en règle avec notre belle administration, mais enfin je suis motorisée et j'ai un grand sentiment de liberté tout à coup. Que je célèbre à grandes fournées de petits gâteaux, parce que c'est fou comme les gens qui passent par ici ont envie de petits gâteaux, ces jours-ci. Peut-être parce qu'ils se disent qu'ensuite, ils n'auront plus que les recettes et plus les gâteaux eux-mêmes ?
Ces quelques jours de retour aux fourneaux, à discuter avec les gens qui passent et qui grignotent leurs gâteaux, sont trop lourds d'émotion pour que je me risque à vous engluer avec la guimauve qui me tapisse le coeur. Je ne dirai donc qu'une chose : si mon banquier vient prendre un café, j'irais, tant je suis au bord d'un océan de béatitude triste (ou de tristesse béate, je n'arrive toujours pas à départager), jusqu'à lui offrir une petite assiette de dégustation.
Je n'étais décidément pas faite pour être commerçante. Mais ça, vous le saviez déjà.

lundi 13 juin 2011

T'as pas dix sous ?

Dissoudre une activité commerciale, c'est la même chose que la créer, l'espérance en moins et la tristesse en plus. Les mêmes questions : par quoi on commence ? à qui on s'adresse ? quelles bureaucraties se mettre à hanter ? à qui faire confiance pour avoir des réponses fiables ? dans quel ordre faire les choses ? quel est l'urgentissime, l'urgent et le simplement "à faire" ?
Mister C., que rien ne déroute : "oh mais ne vous en faites pas, au moins ça ne coûte rien de vous faire radier du greffe !" C'est effectivement une différence avec l'immatriculation. Toujours optimiste, Mister C., il ne me laisse pas le luxe de l'apitoiement et c'est bien à ça qu'on voit que c'est quelqu'un de bien. D'autant que des quelques factures qu'il me reste à régler, l'une vient de chez lui mais que ça ne l'empêche pas de me dire "allez, ne vous en faites pas pour ça, c'est pas urgent..." Pour les autres factures en souffrance, auprès d'un certain M. Ours Saf, c'est nettement moins aimable mais ça ne saurait entamer ma... euh, bonne humeur est un peu excessif. Très, très excessif. Voire carrément faux, certes.
Mais je soupçonne que l'avenir immédiat me donnera du grain à moudre. Le document de radiation est facile à trouver, en plus. Et devinez quoi ? ben oui, forcément. C'est un Cerfa. Un de ces abominables Cerfas même pas des neiges qui m'ont tant accablée au début de l'activité (et même avant), comme un air de petit tour et puis s'en va. On m'y demande avec une certaine insistance si c'est une "cessation consécutive au décès de l'exploitant" et je me tâte pour vérifier. Nan, apparemment ça respire encore tout juste.
Heureusement, dans tout ça il y a la présence d'un certain MiniLoup, comme il y a trois ans lorsque nous lancions des expéditions chez les pompiers pour savoir de quoi retournait cette histoire d'ERP (et les Cerfas y-afférant).
- Maman, comment on fait pour attraper les canards ?
- Euh... c'est une bonne question, mais je ne sais pas du tout. Tu as une idée, toi ?
- Oui, avec un avion attrape-canard !
Ah ben oui bien sûr.

samedi 7 mai 2011

Le début d'autre chose

Une maman, quelle que soit son occupation par ailleurs, ne cesse jamais de se demander si elle en fait assez pour son bébé. Avec joie, avec inquiétude, avec culpabilité et mauvaise conscience, avec légèreté ou pas... de toute façon la question se pose. Aujourd'hui, j'ai le coeur lourd parce que j'ai le sentiment d'avoir été une mauvaise maman pour mon bébé, pas celui auquel il faut racheter des chaussettes parce qu'il grandit tout le temps, l'autre, le Café Clochette. J'en vois déjà qui lèvent les bras au ciel en fourbissant des consolations. Ca ne change rien : il faut bien que j'en passe par là. Je n'ai pas tout fait pour le Café Clochette. Ca prendra du temps avant que je puisse me dire que de toute façon, je n'aurais pas pu en faire plus.
J'ai passé deux semaines extraordinaires d'angoisse, de changements de coeur, d'espoirs insensés, de lâchers prise. J'ai rencontré des gens étonnants. J'ai répondu à des questions idiotes. J'ai pleuré après le départ de certains qui venaient visiter cette maison pour l'acheter, comme si c'était une pomme de terre au marché qu'on soupèse avant de la jeter dans le sac. Certains faisaient du tourisme. Certains voulaient un placement. Certains cherchaient quelque chose sans savoir quoi. D'autres avaient des étoiles dans les yeux.
Parmi ceux qui se disaient intéressés par la reprise du Café Clochette, j'ai tout vu. "Oh vous inquiétez pas, quand les enfants seront couchés je ferai une quiche ou deux, ça ira très bien". "Mon mari fait très bien la cuisine chinoise". "Ouais, j'aime bien les enfants, surtout quand ils rentrent pas chez moi... enfin je veux dire... si si, en fait j'aime bien les enfants." "Mais si je ferme au bout de trois mois, c'est pas grave ?" "Il y a une employée ? ah zut, comment on fait pour virer quelqu'un ?" "Si je sais faire la compta ? ah oui, je manage une équipe de quatre personne, alors vous voyez !" "Mais pourquoi vous avez rien fait pour faire monter le chiffre d'affaire, ça doit pas être si compliqué quand même, je sais pas, faut ouvrir plus, non ?" Il y avait des retors, des naïfs, des rêveurs. Des enthousiastes à qui il aurait fallu quelques semaines de plus pour la réflexion... et qui auraient bien pu y arriver, si j'avais eu ces quelques semaines. Des fauchés aussi, qui espéraient que mon grand désir de voir survivre l'affaire me ferait offrir les murs à n'importe qui. Et vous savez quoi ? c'était presque vrai. Il y a eu quelques jours où je voulais juste passer la main et voir survivre le Café Clochette.
Il a fallu d'autres chocs du réel, comme dirait l'autre, pour réaliser que c'était impossible. Il y a eu, heureusement, des messages de soutien, des gestes d'amitié, une grande énergie déployée autour du Café Clochette. C'est bien ; c'est bien qu'on sache, tous, que cet endroit remplissait un besoin et qu'on ne doit pas se résigner à ce que rien de ne vienne prendre sa place. Un lieu qui reçoit des enfants, des familles, qui permet de créer des liens, de découvrir, de se reposer parfois, c'est indispensable. Que les pouvoirs publics le sachent, c'est important ; que ceux qui protestent sachent qu'ils sont nombreux à vouloir quelque chose, même sans savoir quoi précisément, c'est indispensable.
Ce ne sera pas, plus, au Café Clochette. Ce sera ailleurs. Quant à moi, finalement, j'ai peut-être quand même réussi le pari de la transmission... sauf que ce n'est pas le Café Clochette qui va continuer... c'est la vie dans cette maison. Et là ça ne sera pas de la survie, mais de la vraie vie bien vivante, joyeuse et musicale. A ceux qui reprennent cette maison, je souhaite en toute amitié une belle vie dans cette maison que j'ai aimée. Ils ont des étoiles dans les yeux.
Si j'ai le courage, peut-être, je viendrai ici vous raconter comment on dissout une entreprise. Je ne doute pas que ça soit très exaltant. Mais il y a plus joyeux : pour finir les choses en beauté, Aude et moi avons décidé de réouvrir le Café Clochette pendant deux ou trois semaines, au mois de juin. Ce sera l'occasion de revenir manger les petits plats que vous connaissez, goûter les derniers petits gâteaux, lézarder sur la terrasse... Ce sera aussi l'occasion pour nous d'écouler les derniers stocks (du thé, des livres d'occasion pour enfants, les derniers jouets en bois...) et de faire ce que nous avions toujours rêvé de faire sans jamais en prendre la liberté. Surprise... Ca va pétiller, je vous le dis.
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