vendredi 6 août 2010

Aïe have a faïe

Les fidèles lecteurs de ce blog connaissent ma faille secrète. Mon talon d'Achille. Mon miroir de Narcisse. L'allumette de Néron. Euh... non. Enfin bref. Je disais donc que j'avais une faille et que certains d'entre vous par ici la connaissent. C'est une faille très ennuyeuse pour qui se targue de travailler dans une cuisine professionnelle, pleine de couteaux très coupants, de mandolines perfides et d'éclats de porcelaine périodiques. C'est une faille encore plus ennuyeuse pour quelqu'un dont le manque de sommeil se traduit par une... une... zut, comment on dit déjà ? ah oui, une, euh... une distraction euh... abyssale. Et une maladresse subséquente et malencontreuse.
Alors voilà : ces derniers temps, l'insomnie a retrouvé le chemin de mon lit et ne me quitte plus guère, du coup je suis un brin épuisée malgré les siestes en compagnie de MiniLoup (et de son épée intergalactique qui ne le quitte plus, elle non plus) et j'ai une certaine tendance à ne pas regarder ce que je fais quand je fais autre chose que m'occuper les mains en cuisine. Y compris quand je coupe, à l'aide de mon merveilleux nouveau couteau japonais acquis en début de semaine en compagnie de MiniLoup, de son épée et d'un presse-citron que le mominet avait absolument tenu à emmener en virée, des patates pour la purée au romarin pour le parmentier de canard confit de samedi. Et zifff, une belle coupure bien nette sur le pouce de la cafelière.
Qui, comme l'implique sa fameuse faille dont je ne cesse de vous causer, s'est évanouie avec élégance une fois le pouce pansé (hihi, c'est rigolo, le pouce pansé). Bloum. Comme ça. C'est ballot quand même. Heureusement que Aude était là pour prendre la relève du service de thés et pâtisseries diverses et pour finir de découper les patates, y ajouter le romarin et mettre le tout à frissonner sur un coin de feu. Et que Christine a retrouvé dans son cellier une paire de gants de ménage qui va me permettre de ménager mes névroses en protégeant mon pansement sur le bout de mon doigt où se trouve la coupure. Aïe.
Enfin le bon côté des choses, c'est qu'au moins, au Café Clochette, ça ne choquera personne si je me balade avec au bout du doigt une poupée...

mercredi 4 août 2010

On sait comment ça commence...

- Maman ?
- Attends mon loup, je fais un gâteau, là.
- Oui mais tu peux me dire quand même ?
- Te dire quoi ?
- Pourquoi tu fais un gâteau, d'abord ?
- Pour les gens qui viennent au Café Clochette, comme ça si ils veulent du dessert, ils peuvent manger du gâteau.
- Ah. Et pourquoi ils viennent au Café Clochette, les gens ?
- Ben parce que c'est un restaurant, tu vois.
- Ah. Et pourquoi c'est un restaurant ?
- Euh... et bien comme ça je peux gagner des sous, et acheter la maison.
- Ah. Et pourquoi tu achètes la maison ?
- Euh... et bien pour pouvoir habiter quelque part avec toi, et avec les chats, tu vois.
- Ah. Et pourquoi on a des chats ?
- Euh... pour avoir chaud aux pieds la nuit en hiver ?
- Ah. Et pourquoi en hiver ?
- Euh... parce qu'en hiver il arrive qu'il fasse froid dans la maison si j'oublie de mettre le chauffage.
- Ah. Alors on pourrait déménager et comme ça on aurait plus froid aux pieds et comme ça les gens ils viendraient plus et comme ça tu ferais pas des gâteaux tout le temps et comme ça tu pourrais répondre à mes questions ?
- Euh...

lundi 2 août 2010

Semaine pleine d'étoiles

Comme Aude vous en faisait part il y a quelques jours, la première semaine du mois d'août, le Café Clochette se mettra à l'heure des étoiles filantes. Nous installerons un coin pour zieuter en temps réel la carte du ciel, il y aura des récits inspirés de la mythologie et des crêpes en robe lunaire.
Venez donc faire un tour, levez le nez vers les étoiles, et si vous désirez manger, n'oubliez pas de réserver !

samedi 31 juillet 2010

Retour d'ivoire

- Maman, j'ai grandi hein ? et j'ai dormi dans l'avion, et dans le train, et dans le taxi, et là je suis en forme, on fait un gâteau ? tiens, un gros poisson...
(Attrape Clochette à pleins bras, elle lui lèche le nez.)
- C'est curieux ça, il est plein de poils ce poisson ?
- Ben oui, c'est un poisson-chat.
- ... Hihi... c'est rigolo ce que tu dis...
- Maman... je peux te faire un bisou ?
(On se fait des bisous. C'est chouette, le retour de vacances.)

vendredi 30 juillet 2010

Chirashi

Lors d'une récente expédition estivale à Paris, j'avais dans l'idée, petite Bretonne d'adoption exilée pour quelques heures dans la grande ville, d'aller manger une bonne vieille galette du côté de Montparnasse ; pour des raisons qui me dépassent et tiennent à l'air du temps et au hasard le plus pur mâtinés d'une conversation à propos d'une amie japonisante, je me suis retrouvée dans un restaurant japonais. MiniLoup est un grand amateur de cette cuisine naturellement sans gluten (à part la sauce de soja dont il faut se méfier), aucun coup de blues lupinesque ne résiste à un plat de sushi. J'ai eu comme une révélation : et si nous aussi, au Café Clochette, on s'essayait à la cuisine japonaise ? je n'ai aucune illusion, ce ne sera jamais qu'une lointaine imitation, mais il y a un plat que je me risquerais bien à tenter : le chirashi.
Comme toujours, un bref tour sur le web m'a permis de mettre la main sur plusieurs versions : ici et , par exemple. Pour une version en vidéo, voyez ici (clic).
Pour faire simple, on pourra suivre le genre de recette qui suit.

Chirashi

Faites cuire du riz à sushi, comme dans cette recette-ci, par exemple, sinon faites simple et faites juste cuire du riz selon votre méthode habituelle et versez dessus un mélange de vinaigre de riz, de sucre et de sel. Déposez une couche de riz dans un grand bol et couvrez de tout petits pavés de saumon cru, saupoudrez de grains de sésame, décorez de quelques rondelles de concombre et de gingembre en saumure. Accompagnez de sauce de soja dans laquelle vous pouvez délayer un peu de raifort en pâte si vous aimez.
Tous ces produits se trouvent, à Rennes, chez Bélasie. Il n'est pas interdit de faire cuire le saumon si vous n'aimez pas le poisson cru. Enfin, vous pouvez ajouter à votre goût des lanières d'omelette, des oeufs de poisson, des crevettes, de la carotte, du radis noir, ou varier les poissons utilisés. "Chirashi", je me suis laissé dire que ça voulait dire "dispersé", alors vous pouvez bien disperser ce que vous voulez sur le riz, ça sera toujours un chirashi.

jeudi 29 juillet 2010

Chef Maxime

Oyez, oyez !
Ce samedi, le 31 juillet, nous avons la chance d'accueillir le grand chef Maxime en nos cuisines pour un menu concocté tout spécialement pour le Café Clochette. Service du midi dès 12h30 et le soir à partir de 19h. Vous trouverez le menu ici, sur le site du Café Clochette (clic), dès vendredi soir.
La réservation est fortement conseillée (02 99 35 80 89 ou cafeclochette @ yahoo.fr) !

lundi 26 juillet 2010

GPS moi qui m'égare ?

Ce serait bien s'il y avait une fonction GPS sur la route de la vie, non ? une fois qu'on aurait décidé où on veut aller, il n'y aurait plus qu'à faire confiance à la machine... Ah oui, mais on passerait à côté des incidents concoctés par le destin... et on ne découvrirait pas la petite plage paradisiaque à quelques mètres de la grande route, ni le petit resto tranquille, ni le petit chien tout fou. On ne bavarderait jamais avec des gens inattendus qui ne nous attendaient pas non plus. Alors, sécurité ou confiance en l'avenir ? Des fois, c'est dur de choisir...

jeudi 22 juillet 2010

Soupe de concombre de mes rêves

Après moult variations autour d'une soupe de concombre à la menthe, quelque chose laissait toujours un goût d'insatisfaction à mon palais trop exigent. Une saveur manquait cruellement à ce mélange... Quelques remue-méninges et dégustations successives plus tard, une saveur sucrée, type "raisin sec" s'imposait à mes papilles avides. Quelques clics sur le net plus tard, une super recette me fit du clin d'oeil (clic). Ouf!
Et bonne nouvelle pour les intolérants aux produits laitiers de vache (c'était peut-être aussi ça le problème), il n'y a que du chèvre et en proportion tout à fait raisonnable...
Je vous livre donc ma propre version de cette recette rafraîchissante, aux saveurs complémentaires et délicates. Pour ma part, je préfère le terme de "moulinée" car cette soupe est un peu épaisse. Je vous déconseille donc de la servir dans des verres, à l'éventuelle exception de coupes à champagne, accompagnées d'une cuillère à café et d'une flûte feuilletée... Je vois déjà de là des invités distingués déguster la "moulinée" avec le petit doigt levé...
Bon, je m'en tiendrais pour ma part à de simples ramequins à la bonne franquette. Bien que des coupes servies à de bons supporters de foot un samedi soir, ça peut valoir le détour et détourner quelques clichés...Pourquoi pas? Soyons joueurs !
Bon, revenons-en à la recette.
Utiliser de préférence des concombres non traités pour pouvoir utiliser la peau sans consommer trop de pesticides. La peau du concombre renferme vitamines et minéraux et rend plus digeste sa chair. A défaut, je préfère les éplucher.
Choisir des concombres pas trop gros. Les plus grands ont tendance à être plus amers.
Moulinée de concombre au chèvre, raisins et pignons
Pour 4 personnes
Mixer 2 concombres, 2 palets de chèvre frais, 40g de raisins secs, 30g de pignons de pin, 2 cuillère à soupe d'huile d'olive, 1 bouquet de basilic frais.
Verser la préparation dans des bols ou ramequins, parsemer légèrement de sel et de poivre et mettre au réfrigérateur au moins une heure.
Avant de servir, décorer de quelques pignons, raisins secs et d'une tête de basilic par exemple.
Accompagner éventuellement d'un gressin nature ou au romarin (éviter ceux au sésame, le goût masque en partie les saveurs de la soupe).
Bonne dégustation !

lundi 19 juillet 2010

Improbable ménagerie

MiniLoup est parti capturer un écureuil gris sur le Mont Royal, au mépris des règles de sécurité les plus élémentaires (il a les yeux noisette). Aux dernières nouvelles, il avait l'air de bien s'amuser et les écureuils ont gagné le premier round en lui faisant les gros yeux, donc tout le monde va bien.
A Rennes, il y a des fourmis ailées partout. Impossible de faire un pas sans danser pour éviter d'en écraser une, à s'en sentir pataud dans nos grandes chaussures de mammifères sociaux. Dans la vacance des préoccupations habituelles, il reste du temps pour réfléchir autrement. La dernière fois que je me suis arrêtée de travailler pendant quelques jours, j'ai pris la décision de quitter les rivages du Café Clochette pour aller voguer ailleurs. Cette fois-ci, qui sait ce qui va se passer. L'araignée que j'ai au plafond en frissonne d'anticipation.
Les trois félins locaux semblent apprécier le calme ambiant. Ils n'aiment pas les noisettes. Par contre ils aiment les fourmis ailées, ça doit croquer sous le croc. Les petits poissons cohabitent avec une quantité impressionnante d'escargots d'eau douce, il va falloir que je m'en mêle mais pour l'instant paix dans l'eau aux bestioles de bonne volonté.
Heureusement, Aude est là cette semaine pour garder un oeil sur tout ce petit monde et nourrir les humains. J'ai eu un aperçu du menu de la semaine et je ne vous dis que ça. Je vous retrouverai quant à moi dans quelques jours. A très bientôt !

dimanche 18 juillet 2010

Marketing ting ting

Samedi matin, à l'heure où blanchiss... euh non, le soleil était déjà haut quand nous avons mené nos pas vers le marché des Lices en bonnes petites camarades férues de marketing direct (que mes amis à l'âme révolutionnaire considèrent en toute amitié que je leur tire une langue virtuelle et patronale, c'est comme ça, parfois il faut savoir assumer les divergences d'opinion au risque de se faire interdire de petit blanc au comptoir quand on a passé la ligne de l'exploitation des masses - pour les autres, qu'ils me pardonnent ces privautés) avec dans l'idée de "faire de la pub".
Il y a déjà bien longtemps, dans les temps obscurs qui suivirent immédiatement l'ouverture du Café Clochette, une jeune amie de mon MiniLoup qui l'avait connu haut comme ça avait distribué des flyers sur le marché et depuis, ça faisait quand même un an que je me disais qu'il faudrait peut-être remettre ça. Histoire d'aider un peu le bouche à oreille (que d'aucuns appellent, il me semble, marketing viral, beurk). Histoire qu'on nous connaisse, quoi. Histoire que les gens qui passent devant tous les jours finissent par se dire que tiens oui, ils ont entendu parler de cet endroit quelque part, un jour. Enfin bref, on s'est dirigées, on s'est plantées pas du côté de l'escalier des chats, vu que l'escalier pour les poussettes ce n'est pas très indiqué, mais plutôt vers le marchand de ballons, vous voyez, un peu plus bas que le marchand de pommes et en face du marchand de journal. Oui, de journal : le samedi matin, sur le marché des Lices, il ne se vend qu'un journal, LE journal, Ouesteuh-France bien sûr.
Quoique - ce matin, ce n'était pas exact, un grand monsieur à l'air sympathique tenait à bout de bras "La décroissance", le journal de la joie de vivre, vendu 2€ et disponible sur abonnement, ou le samedi matin au bout du bras du monsieur. On a échangé des sourires. Et Aude et moi avons dégainé nos gobelets. Pourquoi des gobelets ? parce que les flyers, ça se jette par terre et que nous avons l'esprit recyclable. Enfin je veux dire, que nous tenons aux petits gestes écolos. Enfin bref. Nos gobelets (ceux-ci, pour vous les remettre en mémoire) sont du même genre que ceux qu'on prête sur les sites de concerts contre une consigne symbolique et qu'on peut soit rapporter, soit garder en souvenir. Nous, on les donnait. Enfin on essayait de les donner.
Vu que c'était du marketing, on ciblait, vous pensez bien. La vue d'une poussette à l'horizon éveillait notre atavisme de... non - notre enthousias... non - notre regard pétilllant... ouais, peut-être. Enfin on se dirigeait, gobelet tendu, vers la petite famille groupée autour et dans la poussette. "Bonjour, est-ce que je peux vous offrir un gobelet du Café Clochette, un restaurant pour les familles un peu plus loin dans la rue de Dinan ?"
Souvent, on n'arrivait même pas au bout de la phrase, un signe poli de la tête ou un "non merci" plus ferme suffisait à nous arrêter avec un "tant pis, bonne journée !". Parfois, quelqu'un nous interpellait pour savoir de quoi ça retournait cette histoire de clochette. Parfois, on passait sans nous regarder. Curieuse sensation, de se voir dans les autres quand on réalise qu'on fait la même chose, pour échapper aux sondeurs par exemple, pour ne pas être embêté dans la rue par des inconnus. C'est pas super confortable, comme position, d'être celui qui donne le truc. Mes amis à l'âme révolutionnaire me voient démasquée : j'ai peu tracté dans ma longue vie. A part mon petit frère sur son tricycle.
Pour finir, on a distribué quelques dizaines de gobelets, taillé une bavette avec des amis qui passaient et puis on est allées déposer les autres chez Gabriel, le marchand de journaux du bas des Lices (oui journaux, lui, il les a tous) et à Saint-Germain des Lys, le caviste qui nous fournit notre cher Pic Saint-Loup. Et on est rentrées pour se retrouver plongées dans le tourbillon d'un service très plein, avec des enfants partout, des adultes très sages et gourmands dont l'oeil s'allume au spectacle du fondant dans leur assiette.
Quand le tourbillon s'est apaisé, qu'on a eu fini de remplir le troisième lave-vaisselle de la journée et qu'on s'est assises avec de quoi manger à notre tour, on s'est demandées si on n'avait pas joué à l'apprenti sorcier, celui qui a multiplié les balais pour remplir sa baignoire et ne sait plus comment s'en sortir... Voilà c'est ça : notre technique, là, c'est du marketing-balai.
Je vais de ce pas déposer le concept.

samedi 17 juillet 2010

A condition d'en sortir

C'est quoi, le moment décisif dans une vie ? Le moment où on se décide à s'inscrire pour participer à la course, ou celui où on franchit le premier obstacle ? Ou peut-être celui où on reconnaît le terrain et qu'une petite voix s'impose "tu y arriveras jamais, tu y arriveras jamais". Où celui où on serre sa médaille dans la main. Où la nuit qui précède l'épreuve, à tenter de dormir, quand tout est encore possible. Ou le lendemain, quand le monde se réveille avec des couleurs différentes, celles du soulagement, de l'indifférence, de la fierté, de la joie ou de l'épuisement. Celui où quelqu'un qui compte vous sourit ? Qui le sait ?
Ou peut-être qu'il ne s'agit pas du tout d'une compétition. Après tout, à chacun son chemin, si en plus il faut courir plus vite que ses petits camarades... Comme dirait MiniLoup : "moi, je chasse les dragons, c'est pas grave si yen a pas". Si si, ça a à voir, laissez donc parler votre imagination poétique.

vendredi 16 juillet 2010

Cannelés sans gluten

Un bref passage à Bordeaux il y a quelque temps m'a interpellée : en revenant, j'ai ouï dire que la spécialité pâtissière de Bordeaux c'était le cannelé, et moi qui croyais que ça venait du bas de la Place des Lices... Pour que tout le monde par ici puisse en manger, j'ai expérimenté une recette de cannelés sans gluten. Vous en trouverez plusieurs versions, notamment ici, ici et ici. J'ai utilisé celle-ci.

Cannelés sans gluten

Dans une casserole, faites chauffer un demi litre de lait, 25 g de beurre, une gousse de vanille fendue et grattée. Arrêtez à l'ébullition et ajoutez deux bouchons de rhum.
Dans une jatte, mélangez 120g de farine sans gluten (farine de riz ou mélange de farines du commerce) et 180g de sucre. Ajoutez 2 oeufs et 2 jaunes légèrement battus, mélangez bien. Ajoutez enfin le lait tiède. Une fois le mélange homogène, versez dans une bouteille et mettez au frais pendant au moins 24h.
Les cannelés sont traditionnellement cuits dans de petits moules en cuivre. Il est plus facile d'utiliser des empreintes en silicone, ce que j'ai fait. Versez la pâte dans les empreintes puis mettez au four à 250°C pendant dix minutes, baissez à 180°C et poursuivez la cuisson pendant une heure. Laissez un peu refroidir puis démoulez.

jeudi 15 juillet 2010

Semaine filante pour nuits étoilées

Un bout de mystère vacancier se dévoile enfin...

La première semaine d'août la porte du Café Clochette sera bien ouverte...Et d'une façon très "spatiale", dirait peut-être un Mini-Loup...
Suivant la trace filante des poussières d'étoile de la gardienne des lieux, plats, déco et animation inviteront dans ce miniscule recoin terrien l'infiniment grand espace.

Pour accompagner les jours esseulés de la 20ème"Nuit des Etoiles", le café vous proposera d'écouter des histoires extraodinaires que le ciel a inspiré à l'humanité depuis des millénaires pour petits et grands rêveurs...

Un recoin sera installé pour consulter Stellarium Numéricus et sa carte du ciel évolutive en temps réel ou décalé pour grands curieux...

Les crêpes aussi, enthousiastes qu'elles sont avec le doux sourire qu'elles affichent depuis ces dernières semaines, joueront de leur garde-robe pour se décliner en phases de Lune pour petits gourmands...

Enfin, l'espace se faisant social et convivial, vous serez invités à échanger connaissances, documents, jeux et autres bonnes idées sur le thème, entre bons voisins de tablée...

L'empire des signes contre-attaque

Le jeune MiliLoup de par ici traverse, comme tous les enfants du monde, des phases. Comme la lune, oui, mais en plus langagier. Ces derniers temps, il a adopté une phrase qui sert à tout et à encore beaucoup d'autres choses : "c'est bon signe". Il la juxtapose souvent à "c'est ce qu'on va voir". Il y a une certaine logique dans tout ça, c'est du visible qu'il s'agit apparemment.
- Maman, mon chocolat il est chaud, là ? ah, c'est bon signe. C'est ce qu'on va voir. Ah oui, il est chaud, je vois. Slurp slurp.
- Mon loup, tu pourrais faire moins de bruit quand tu lapes ton chocolat ?
- Je lape pas, je bois avec la langue. C'est bon signe, non ?
- Sûrement.
- C'est ce qu'on va voir. Slurp, slurp.
- Mouais, c'est toujours moyennement poli comme méthode.
- Oui, mais c'est comme les chats. C'est comme ça qu'ils ont bu dans ton chocolat tout à l'heure.
- Quoi ?!
- Nan, c'est une blague ! c'est bon signe ! C'est ce qu'on va voir, hein ?
- Ouais, c'est tout vu.

mercredi 14 juillet 2010

Friandises au riz soufflé

Voici une petite merveille américaine à base de marshmallows, vous savez, les guimauves qu'on fait fondre au bout d'un bâton autour d'un feu de camp ? Il n'y a pas vraiment de recette, il suffit de les faire fondre dans du beurre et d'ajouter du riz soufflé, mais pour les proportions idéales je vous conseille d'aller voir chez Sucrissime (ici, clic). Le riz soufflé est bizarrement difficile à trouver dans sa version non-chocolatée. Quand je tombe sur un stock, j'emporte carrément quatre ou cinq boîtes. Et après je m'étonne de ne plus pouvoir fermer mon placard...

Rice Krispies Treats

Faire fondre 70g de beurre dans un grand faîtout, ajouter 300g de marshmallows (de préférence blancs, pour que le produit fini n'ait pas une couleur vraiment étrange...) et un sachet de sucre vanillé. Faire fondre à feu très doux, puis ajouter 170g de Rice Krispies. Verser le mélange dans un grand plat couvert de papier sulfurisé. Laisser refroidir puis découper en carrés ou en barres.

PS. Pour une version encore plus décadente, avec chocolat blanc et cacahouètes salées, voir ici (clic), sur le blog de David Lebovitz. Et voilà, c'est malin, je suis à court de marshmallows maintenant.

mardi 13 juillet 2010

De cris et d'ongles (d'Amérique)

Le moment du coupage d'ongles, ça se prépare. Il faut avoir une stratégie au point et une stratégie de rechange au cas où. Il faut penser à fermer la porte pour ne pas que les chats s'en mêlent et viennent perturber un passage délicat, celui par exemple où le petit garçon en présence hésitera entre index droit et pouce gauche pour la prochaine victime expiatoire du bout d'ongle. Ce matin, j'étais assez fière de moi pour avoir mis au point un exercice que je pensais imparable. Les cris des animaux. On saisit délicatement le petit doigt tendu, on approche le coupe-ongle et on demande :
- C'est quoi le cri de l'éléphant ?
L'enfant barrit avec enthousiasme.
- C'est quoi le cri de l'oiseau ?
- Quel oiseau, un corbeau ou un canari ?
Il est très fort. Je n'y avais pas pensé.
- Un canari.
Il pépie joyeusement puis ajoute le cri du corbeau pour faire bonne mesure. Et ajoute que ça ressemble fort au cri de la grenouille, qu'il module aussitôt pour montrer les différences subtiles.
- C'est quoi le cri du poisson ?
Il fait des bulles avec sa bouche. Vraiment très fort. Voyons s'il saura faire face à la perfidie maternelle.
- C'est quoi le cri de la tortue ?
Et hop, trois doigts pendant qu'il réfléchit, bouche bée.
- Ah ben je sais pas. C'est comment le cri de la tortue, maman ?
Zut, j'avais pas prévu le coup du renversement de question. Trop fort, décidément.
- Ah ben je sais pas, en fait. Et le cri du MiniLoup, c'est comment ?
Hop, dernier ongle coupé. Yipee. Le MiniLoup esquisse un sourire coquin et sussurre :
- Mamaaaaaaaan...

lundi 12 juillet 2010

Finale, dinosaure, trésor

La télé n'étant toujours pas rebranchée après les mésaventures de l'été dernier, MiniLoup et moi avons pris le chemin du bar le plus proche pour assister à la finale du truc, là. Le foot.
J'ai encore dans l'oreille le nom d'un certain Arsène, en '98. (Dans ma lointaine jeunesse, Arsène c'était le nom du lapin qui avait élu résidence, plus ou moins contre son gré, dans la maison familiale - Arsène Lapin, bien sûr.) Plus d'Arsène cette année, mais d'autres gens.
Ce soir, il y avait onze types en orange, les onze arbitres en noir et l'équipe adverse, c'est un type en bleu clair tout seul qui fait des gestes pour dire qu'il a tous les autres à l'oeil. Forcément, tout seul il a intérêt à avoir des yeux dans le dos. Quelques autres types dressent des drapeaux derrière des lignes blanches. Dans les tribunes tout autour, un nombre incroyable d'autres types agitent d'autres drapeaux.
MiniLoup engage la conversation avec une amie qui lui annonce l'arrivée imminente d'un dinosaure à la tête toute ronde sur le terrain. Du coup, il interrompt le flot de ses commentaires pour fixer l'écran dans l'attente de la bestiole improbable. Il s'inquiète juste de savoir si c'est un carnivore et si oui, s'il sera capable de quitter l'écran pour venir lui taper la causette. Sa nouvelle amie lui confie un secret et un trésor et le loupinet, aux anges, partagé entre espoir et inquiétude quant au dinosaure, serre dans sa petite patte de loup son fabuleux trésor. Quelques gâteaux plus tard, il assiste à son premier but de finale de truc, là. De foot. Sa maman un peu perdue lui explique que le monsieur tout seul qui brandit un petit bout de papier jaune n'est peut-être pas partie prenante de la bataille, tout compte fait. C'est une grande leçon de règles sociales en action. "On a pas le droit de marcher sur les gens." "Et le dinosaure, il a le droit, lui ?" "Non mon loup, sur le terrain il n'a pas le droit de marcher sur les gens." "Ah. Et dis, maman, pourquoi les bestioles et les oiseaux ils n'ont pas de mains ?"
Mon hypothèse, c'est que ça leur permet d'éviter la tentation de toucher au ballon, mais j'ai comme l'impression que quelques paramètres m'échappent, ce soir. C'est la glorieuse incertitude du sport, sans doute.

dimanche 11 juillet 2010

Toute la nuit tombe sur moi

Les Rennais sont taquins, paraît-il. En tout cas ils aiment à s'auto-taquiner, j'en veux pour preuve le surnom qu'ils ont donné au festival des Tombées de la nuit : les Tombées de la pluie. C'est vrai que c'est assez fréquent, mais pas cette année. Cette année, il fait beau, chaud et encore beau et chaud. Cette année, les dames élégantes arrivent en blanc au Café Clochette et en repartent en noir chic pour le concert du soir. Cette année, la harpe celtique succède à Django et tout le monde est content. Cette année, les meilleurs d'entre nous prennent froid en revenant du concert. Cette année encore, les petits personnages se pavanent sur les murs et je les soupçonne de s'évader la nuit quand personne ne regarde pour revenir prendre la pose au petit matin. Cette année toujours, la cafelière s'efforce de ne pas perdre le nord avec des renversements de texte à répétition et commence à se dire que sa future carrière, ce n'est quand même pas du gâteau. D'ailleurs ce n'est vraiment plus du gâteau. Cette année, après la découverte du fondant chocolat-cardamome, on se penche sur la grave question des cannelés sans gluten, mais rien n'est encore tranché.
Des gens arrivent pour se connecter au Wifi. D'autres repartent en quête d'un concert introuvable. Certains réclament des glaçons, d'autres du pain. C'est un joyeux maelström. Il y a du Pic Saint-Loup à la clé et des verres de cidre avec ou sans cahouètes. Du filet tout mignon sous sa robe enrhubarbée. Du moelleux et du fondant. Des croquants et des sablés. Des carafes en carafe et des cuillères introuvables.
C'est l'été. C'est curieux. C'est vivant. Cette année, pas de Tombées de la pluie. Tombées du lit, peut-être !

samedi 10 juillet 2010

Filet mignon à l'estragon

Pour une raison qui m'échappe totalement, j'ai longtemps hésité à cuisiner le filet mignon. Son nom, peut-être ? Toujours est-il que j'ai fini par m'y mettre et que je suis convertie. Ca reste tendre au fil du mijotage, on peut le combiner avec tout et ça fait de jolies assiettes. Cette recette-ci vient, comme souvent, du site Marmiton, ici (clic).

Filet mignon à l'estragon

Faire revenir doucement des oignons émincés (ou des échalottes), il doivent juste commencer à dorer. Faire dorer un filet mignon dans une cocotte. Y ajouter les oignons, saler, poivrer. Arroser avec du cidre, baisser le feu, laisser mijoter une vingtaine de minutes. Ajouter de l'estragon ciselé et laisser encore mijoter tranquillement quelques minutes. Au moment de servir, détailler le filet en petites tranches pas trop fines, disposer sur un lit de riz basmati. Faire réduire la sauce et y ajouter une cuillère de crème épaisse ou de mascarpone, napper les tranches de viande et servir.
On peut remplacer l'estragon par de la rhubarbe et de la pomme, qu'on mettra dans ce cas dès le début du mijotage. Vingt minutes avant la fin de la cuisson, ajouter des raisins secs.

vendredi 9 juillet 2010

Indigestion

Il arrive que trop de bonnes choses tuent les bonnes choses, et là je ne parle pas de ma vie privée, notez bien, mais de ma marotte, le magazine des CHR de mon coeur, que je me plais habituellement à éplucher et découper en petites rondelles toutes fines avant de les faire revenir au beurre avec une touche de safran, pour la bonne bouche et votre plus grand plaisir. (Si ça vous ennuie que je raconte n'importe quoi, vous êtes en droit de me le dire. Mais avec ménagement, je vous prie, j'ai les nerfs fragiles ces derniers temps.)
Donc, le magazine, là, je me suis plongée dedans dans le but avoué de vous en tirer un petit billet rigolo. Je commençais déjà à pouffer dès l'édito, enfin un peu jaune parce qu'il exposait les démêlés d'un confrère avec une administration et ça m'a rappelé des choses. Cet édito acide, intitulé "Noires ou blanches", n'est pas consacré à la musicologie, mais à la mésaventure d'un célèbre restaurateur. Citations : "dans les instances internationales, les représentants français, dont la suffisance est légendaire, n'hésitent pas à expliquer aux peuplades inférieures, c'est-à-dire au reste de la planète, que nous avons la meilleure administration du monde [...]. Nous avons un très beau cas dont seule notre vénérée bureaucratie est capable : le strict et admirable contrôle que les inspecteurs de la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes exercent sur les cartes des restaurants. [Cette mésaventure] illustre les excès d'une administration que l'on croyait délivrée du syndrome de l'infraction permanente. Le seul commentaire qui vient à l'esprit du citoyen contribuable s'inspire du simple bon sens : faut-il mobiliser un tribunal correctionnel (celui d'Albi) pour qu'il se prononce sur l'épouvantable question de l'appellation de "truffé" attribuée à un plat dont l'élément cryptogamique, la truffe en l'occurence, était blanche et non pas noire ?" En effet, la question se pose. Je n'ai pas suivi les derniers développements de cette affaire, mais elle semble avoir suffisamment affecté le restaurateur en question pour qu'il se dise écoeuré et ferme son établissement en attendant d'y voir plus clair. Le plat dont il était question, c'était une "Poitrine de veau farcie et truffée, braisée en cocotte, lard paysan et noix de cajou". Hélas, la truffe en question, bien que bien de chez nous, n'était que blanche, donc. Pourtant, ça avait l'air bon.
Le reste du magazine était consacré au Michelin 2010 et à ses stars. Tiens, par exemple, page 20, le chef de l'Auberge du Vieux Puits, qui vient de décrocher sa troisième étoile, affirme que sa "cuisine est comme un rhinocéros en ballerines". Il aurait peut-être suffi au premier restaurateur de mettre des ballerines à son veau, non ? Sinon, il y avait l'exemple du chef du Sa.Qua.Na à Honfleur, qui vient de recevoir sa deuxième étoile et qui nous propose une recette de "Homard poché au citron vert, feuilles de livèche et coriandre, un bouillon clair à la noix de coco et huile de combava" qui, personnellement, me fait rêver. Encore que j'aimerais être sûre que le citron est bien vert, on ne sait jamais. Un autre chef, de Courchevel, a choisi pour son restaurant des assiettes qui se retournent pour pouvoir les utiliser au dessert, parce qu'il faisait ça quand il était petit. Tiens, moi aussi. Ah, souvenirs. J'ai dû m'égarer cependant en chemin, parce que lui vient d'obtenir ses deux étoiles et nous évoque sa "cuisine vive qui vient de ses artères". Un autre, de Val-Thorens, me plaît bien parce que non content d'avoir gagné récemment sa deuxième étoile, il a un petit garçon de 18 mois et qu'il fait la cuisine pour toute la crèche. "Je fais une cuisine de coeur et ne rate aucun service, dit-il. Je serre la main de mes clients. A l'Oxalys, on ne vient pas manger ma cuisine, on vient manger mon âme." Je suis sûre qu'elle est blanche comme neige.
Quelques pages plus loin, j'aime bien le tout jeune chef de l'Ambrosia, qui dit avoir pleuré d'émotion quand son nouveau four est arrivé dans sa cuisine et qui se dit possédé par le virus de la cuisine gastronomique après avoir commencé en cuisine tout en bas de l'échelle. Son "Agneau en déclinaison cuisiné aux épices marocaines, avec une semoule, des pois chiches en pulpe, un jus de harissa et une écume de merguez" m'a bien l'air, en effet, d'un "couscous version XXIe siècle".
Voilà des gens étonnants. Quelque chose, tout de même, m'a l'air bien curieux. Si les pages de gauche du magazine sont consacrées à tous ces gens épatants (et je n'en cite que quelques-uns parce qu'au bout d'un moment, toutes ces recettes et tous ces beaux visages sous leurs toques blanches, ça fait un peu beaucoup), les pages de droite sont consacrées à des publicités accompagnées de photos magnifiques. Davigel, crème brûlée précuite en brique UHT, Debic qui fait des crèmes toutes prêtes en bouteille, de la mousse au chocolat et de la chantilly en bombe, préparation pour tiramisu, Pasta Presto (un concept qui permet de servir 81 combinaisons différentes de pâtes et de sauces en moins de 3 minutes), la KebaBox, "le kit malin pour booster vos ventes", les cuisinés pour bagels, paninis et pâtes, Bonduelle et Kellogg's - quelque chose me dit que l'adéquation entre le lectorat et les valeureux sujets des articles n'est pas parfaite. Il y a les aristocrates, et les autres - ceux qui auraient sûrement rêvé de jouer dans la cour des grands, eux aussi. Ceux qui seront peut-être plus intéressés par la pub de Valtero qui vante "la qualité au gramme près, la gestion au centime près" que par la recette de "Foie gras frais de canard de Chalosse en chaud-froid, morilles et asperges vertes", qui nous est offerte par un autodidacte modeste. Là comme ailleurs, il y a ceux qui réussiront à faire s'épanouir leur créativité, et ceux qui besogneront pour rester en course au quotidien en faisant une croix sur le grand art culinaire.
Encore que la réalité, là comme ailleurs, soit sans doute plus nuancée et qu'entre le blanc et le noir il n'y ait toute une gamme de gris plus ou moins souris...

jeudi 8 juillet 2010

La guerre des pistoles

Les pistoles sont des petits disques de chocolat de 2g chacun ; c'est la forme la plus pratique de chocolat lorsqu'il s'agit de le faire fondre sans sortir un grand couteau pour hacher une plaque de 5kg. Malheureusement, tous les habitants du Café Clochette, à l'exception notable des petits poissons, qui sont trop loin sans doute de la cuisine pour les avoir jamais remarquées, en sont fous. Limite raides dingues.
Les chats, tous les trois, trouvent très rigolotes ces petites balles plates et d'une taille idéale pour les pousser sous les meubles du bout de la patte, après leur avoir fait traverser toute la pièce façon palet de hockey. Il est inexact de dire que les félins n'ont pas l'esprit d'équipe, donnez-leur une pistole pour trois et ils le démontreront avec brio. Si vous leur donnez une pistole chacun, ils se feront des passes. Pour peu que ce soient des pistoles de chocolat blanc, qui ne se voient pas bien sur le sol jaune poussin du Café, ils feront exprès d'en laisser une au milieu du passage, pour que votre pied la rencontre par inadvertance et l'envoie lui-même sous le lit des bébés. Ils vous regarderont alors, l'air complètement outragé, et passeront le reste de la journée à essayer d'appâter leur jouet en lui tendant la patte, un bout de chiffon ou tout ce qu'ils trouveront dans le vain espoir de la faire sortir de là où, dans votre grande perversité, vous l'aurez fourré tout seul. Si c'est du chocolat noir, ils l'enverront valdinguer du premier coup sous un tapis où vous ne retrouvez qu'un petit tas à moitié fondu le jour où vous ferez le ménage en grand.
MiniLoup aime le chocolat, point. Sous toutes ses formes et toutes ses couleurs. Il est capable de faire le siège du lit des bébés en compagnie des chats et de leur apporter une aide matérielle non négligeable pour extirper la pistole de sa cachette. Et se verra conséquemment lancer trois regards noirs quand il y aura réussi, au moment précis où il aura fourré les deux grammes de friandise dans sa bouche après l'avoir époussetée soigneusement.
Moi, je trouve simplement que le chocolat sous cette forme, c'est bien pratique. Notamment pour goûter les ingrédients avant de les mélanger. Quoi ? deux grammes de plus ou de moins, ça ne va quand même pas faire foirer ma recette, si ?
Ayant chacun nos raisons pour aimer ces petites choses qui ressemblent à des boutons, certains jours, c'est la guerre. Il suffit que le son du carton des pistoles de chocolat blanc tiré de son coin sous le comptoir arrive aux oreilles de l'une ou de l'autre des parties en présence pour que son frémissement de joie attire toutes les autres. Il peut alors arriver que nous nous battions, avec nos armes respectives. Les chats miaulent à en fendre le coeur des amoureux des animaux, puis se battent entre eux dans l'espoir de créer une diversion propre à permettre à une patte leste de récupérer l'objet de leur fixation, si possible en plusieurs exemplaires pour aller faire un foot. MiniLoup s'approche l'air innocent et propose de m'aider à faire un gâteau. Et je soulève la boîte au-dessus de ma tête pour mettre hors de portée de tous ces envieux la base de mon gâteau du jour. A leur grande joie, il arrive que ce faisant, la boîte s'ouvre brutalement et m'arrose d'une pluie chocolatée aux gouttes de deux grammes pièce.
C'est sans doute une des raisons pour lesquelles, au Café Clochette, le jeu de backgammon prend une dimension tout à fait intéressante et totalement imprévue au regard des règles canoniques de ce jeu fascinant : on peut y manger les pièces. C'est ce qui s'appelle intéresser la partie, j'imagine.

mercredi 7 juillet 2010

Ablutions-dits

- Tiens donc, et pourquoi on ne pourrait pas prendre une petite douche le soir, dites-moi, jeune homme ?
- Euhhhh... et ben parce que j'ai pas pris de dessert.
- Ah ? et alors ?
- Euhhhh... et ben si je prends pas de dessert, l'eau elle rentre dans mes oreilles et après elle ressort jamais ! alors tu vois, je peux pas prendre de douche le soir.

mardi 6 juillet 2010

Colloque singulier

Plusieurs choses étaient à l'ordre du jour de notre réunion, à Mister C. et à moi. Il s'agissait, déjà, de faire le point sur l'activité. Ca s'appelle un bilan comptable, en termes adéquats. Ce fut donc fait hier après-midi, sur la terrasse, en compagnie d'une Clochette déchaînée et d'un MiniLoup accro à Tom et Jerry. Faire la lecture d'un bilan comptable en se levant toutes les 7 minutes pour aller mettre un nouvel épisode et/ou pour empêcher l'animal de se fourrer dans le sac des classeurs à levier, dans la manche de la veste de Mister C. ou dans le grillage du lierre, c'est pour le moins sportif. Essayer de se souvenir, deux ans après, où peut bien se balader la facture intermédiaire des travaux de la cabane des jouets, et pourquoi il y a un écart de 13 centimes entre le devis original et la facture finale, ça l'est aussi. Quant au mystère du montant des cotisations dues au RSI, vous qui suivez ce blog depuis longtemps savez qu'on n'a jamais vraiment réussi à le résoudre. Il fut aussi évoqué des impôts fonciers, du pro-rata, des intérêts dus et des congés payés.
Tiens, d'ailleurs, puisqu'on parle de congés payés. Ca vous dit quelque chose, le Tese ? je ne vous en voudrai pas si ça ne vous dit rien, moi-même je m'efforce de l'oublier entre deux déclarations mensuelles. M'enfin si vous voulez vous rafraîchir la mémoire, c'est par ici (clic) et par là (clic). Donc, le Tese, sis à Lyon pour ce qui est des CHR (établissements relevant de la catégorie des hotels, cafés et restaurants, pour les distraits), a un site internet dont je suis sûre que quelqu'un est très fier pour l'avoir créé et porté sur les fonts baptismaux. Fierté dont je ne sais si elle est totalement légitime, entre nous soit dit. Disons que ce site est pourvu d'un certain nombre de cases, dont l'organisation et le remplissage apparaissent au presque néophyte parfaitement aléatoire et/ou impossible. Le calcul des congés payés se fait via une case nommée, non pas "congés payés", mais "indemnités". Et pour finir, une fois qu'on a réussi à plus ou moins forcer les cases à recevoir la déclaration qu'il fallait absolument faire pour ne pas être en infraction avec la législation en vigueur, pouf, le site plante. On s'est demandé hier si on avait fait sauter tout le système sur le territoire national ou si c'était juste temporaire et limité au périmètre intérieur d'un Café Clochette tout résonnant des hurlements de frustration d'un MiniLoup privé pendant quelques dizaines de minutes de Tom et Jerry pour cause de machine impossible à partager, toujours est-il que l'accès est toujours impossible et que la fenêtre principale m'affirme que mon numéro de Siret n'existe pas, le sagouin. Encore n'est-il pas totalement impossible dans cet espace-temps-là que la déréliction du Tese ait abouti, par des voies qui m'échappent, à la disparition de ma petite entreprise.
Allez savoir. Enfin quand je dis que la gestion d'entreprise, ce n'est vraiment pas pour moi, on n'est pas très loin de la vérité. J'ai juste appris que la vérité, en matière de gestion d'entreprise, est une donnée très largement surfaite quand elle touche à vos propres capacités à faire face à l'adversité. Avec un co-pilote de la trempe de Mister C., dont la phrase favorite est "ah, c'est un problème... mais ne vous inquiétez pas", on passe au travers des gouttes.
Pour ceux qui s'inquièteraient de l'issue de notre lecture du bilan comptable, je vous rassure : le Café Clochette n'est pas sur le point de disparaître corps et âme. On ne peut pas dire que ce soit tout à fait florissant, m'enfin au bout de 18 mois on est encore là, ce n'est pas si mal, et sans perspective immédiate de devoir priver les chats de croquettes pour payer l'électricité. Mettons que l'année prochaine sera critique, mais en ce moment, il y a tellement d'entreprises pour lesquelles l'an prochain sera critique que le Café Clochette n'est somme toute qu'une petite entreprise tout à fait ordinaire. Enfin, si on considère que l'ordinaire, c'est un chat qui se faufile dans la manche du comptable occupé à batailler avec des cases plus ou moins vides pendant que le fils de la patronne hypnotise l'ordinateur.

lundi 5 juillet 2010

Dur dur l'écriture

La carrière d'écrivain de Minet s'avéra hasardeuse dès le début.


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dimanche 4 juillet 2010

Fondant chocolat-cardamome

Il paraîtrait que c'est le meilleur du monde. Etant partie prenante de sa création (vu qu'il est sorti tout cru de mon imagination délirante ou quasiment), je ne peux me prononcer en vertu d'une modestie immense, vous pensez bien.

Fondant chocolat-cardamome

Faire fondre tout doucement 150g de chocolat noir, 50g de chocolat blanc et 200g de beurre doux, bien mélanger puis ajouter 150g de sucre complet et 4 oeufs entiers. Ecraser au mortier les graines de 4 gousses de cardamome verte avec un ou deux grains de poivre noir et une demi-cuillère à café de gros sel non raffiné. Mélanger cette poudre grossière à 3 cuillères à soupe de farine (ça marche très bien avec de la farine sans gluten, ou de la fécule), ajouter le tout au mélange précédent. Mettre à 180°C pendant 22 à 25 mn.

samedi 3 juillet 2010

Hope springs eternal

C'est bien connu, la contrainte est mère de créativité. Ah si, ah si, c'est connu, je vous assure. Du temps de ma jeunesse, j'ai habité près de la Campagne à Paris, dans le 20e arrondissement, et il se chuchotait dans les arrière-cours que la forme de la petite rue qui en faisait le tour, une sorte de e minuscule, était cause de l'éviction de cette même lettre du fameux roman de Pérec, La disparition. Il faut dire que, selon la rumeur, la maman de Pérec aurait habité dans le coin (encore que dans un e, je ne vois pas très bien où se cache le coin ; un E, encore, ou un M, je veux bien, mais un e manuscrit, non). Peut-être cela prouve-t-il que parfois, le génie des grands écrivains ne se niche pas dans le giron, mais simplement dans la rue où habite leur maman*.
Tout ça pour dire que se profile à l'horizon du Café Clochette une grande aventure comme seules peuvent en vivre des cafelières en chef et adjointe passablement engourdies par l'inaction et prêtes à toutes les aventures au fond de leur cuisine, même les plus absurdes à première vue. Le grand chantier à venir, c'est de vider le placard de l'épicerie sèche. J'en vois frémir une de l'autre côté de son écran, parce qu'elle l'a fréquenté et s'en souvient encore. Oui, la mouette, nous nous attaquons au Placard. Armées de toute l'espérance que recouvrent deux grands fronts innocents (et plein de tâches de rousseur, quant au mien), nous allons aligner dans les jours qui viennent les boîtes de conserve, pots de miel et autres petits packs de crème UHT. Il doit y avoir également, dans mon souvenir, une bouteille de ketchup, du sucre en roche venu tout droit de chez Bélasie et que certaines petites filles de ma connaissance aiment à croquer au moment du thé, une ou deux boîtes de sardines de la Belle-Iloise pour ma consommation personnelle, des graines d'alfalfa à faire germer, et sans doute les dix boîtes de fécule de maïs que je ramène périodiquement des courses hebdomadaires, persuadée que je suis qu'il n'en reste pas assez pour la prochaine fournée de sablés sans gluten, alors que si bien sûr. Ah, et quelques boîtes de thon et autres olives ramenées d'Espagne et que je garde par nostalgie. Ce que je ne sais pas, c'est s'il reste de cet excellent pesto dégoté dans un coin secret l'an dernier, ni quel fut le sort de mon précieux bocal de griottes au sirop.
Quant aux citrons confits rescapés du dernier poulet aux olives et au citron, il me faut absolument m'assurer de leur nombre exact avant que de racheter innocemment du poulet et des citrons sans soupçonner que la pénurie m'attend à la maison sur le front des citrons confits. Rien de pire que de prévoir une recette et de se retrouver le bec dans l'eau au retour des courses. Si : oublier l'ingrédient principal sur le chariot au magasin. Ca peut arriver.
Ensuite, une fois poussé des "oh" et des "ah" au spectacle des denrées retrouvées, il s'agira d'utiliser la montagne hétéroclite que nous aurons entreposée sur un des plans de travail en inox de la cuisine. La contrainte, c'est d'utiliser un maximum du contenu des placards sans y adjoindre d'ingrédients supplémentaires. Vous voulez jouer ? si je vous propose du maïs en boîte, de la tapenade, une boîte de soupe de poissons cancalaise, des câpres au vinaigre et un sachet de préparation bio pour flan au chocolat (acheté en perspective d'une recette de gâteau miracle sur laquelle je n'ai jamais pu remettre la main), ça vous donne des idées ?
Si oui, faites-moi signe... vous avez droit à toutes les voyelles que vous voulez pour ce faire, mais si ça vous tente version lipogramme, surtout ne vous gênez pas.

* et qui porte aujourd'hui le nom du fiston.

vendredi 2 juillet 2010

Fondant chocolat-ricotta à la myrtille

A la recherche d'une recette sucrée destinée à finir un énorme pot de ricotta, j'ai voulu faire chocolaté. Pas dur, on trouve plusieurs recettes sur internet, comme ici, ici ou ici (clic). Je n'ai pas pu m'empêcher de n'en faire qu'à ma tête cependant, ce qui donne ce qui suit.

Fondant chocolat-ricotta-myrtille

Faites fondre 200g de bon chocolat noir avec une cuillère à soupe de beurre. Ajoutez un yaourt ou la quantité équivalente de crème et 250g de ricotta, mélangez bien. Ajoutez 75g de sucre complet, 3 oeufs, deux cuillères à soupe de farine ou de fécule de maïs. Mélangez bien, versez dans un moule chemisé de papier sulfurisé, mettez au four à 200°C pendant 25 à 30 mn. Le fondant ne doit pas trop cuire, faute de quoi il ne sera plus fondant.
Servez avec quelques myrtilles fraîches ou des myrtilles surgelées que vous aurez fait décongeler avec une cuillère de sucre.

jeudi 1 juillet 2010

Cool as a cucumber sandwich

Les nouvelles vont vite dans le quartier.
- Alors c'est vous qui vendez votre affaire ? non, ce n'est pas vous ? ah oui, c'est vous qui partez en Normandie alors, non ? non ? ah oui, vous, vous allez traduire des livres, c'est ça ? non ? c'est déjà fait ? tiens. Alors vous êtes qui, vous, au juste ?
Il faut savoir garder la lèvre supérieure rigide et se montrer fraîche comme un concombre fraîchement cueilli pour ne pas rigoler - parfois, ça peut froisser de rigoler tout à trac devant quelqu'un dont, la mémoire physionomiste nous faisant toujours autant défaut qu'il y a deux ans, on a tout lieu de croire qu'on ne se débrouillera pas forcément mieux pour le situer que lui pour nous cerner. La question de qui est qui, d'où on vient et on fait quoi, elle est tellement importante dans notre univers qu'on s'y raccroche à la moindre anicroche de communication.
Tiens, aujourd'hui par exemple. Cette jeune fille, là, je suis sûre que je la connais. Mais qui est-ce ? la cousine de la boulangère ? la copine de la baby-sitter ? l'élève de l'homme aux yeux qui pétillent ? mystère. Heureusement, en gardant son calme et en ayant sous la main un enfant à peu près grand comme ça, on se tire de n'importe quelle situation loufoque. Encore qu'il faille en accepter le risque.
- Oh, regarde maman ! c'est la dame de la (gros bruit lié au passage du camion poubelle à nos côtés).
- La dame de quoi ?
- La dame de... (se détourne pour aller courir après un pigeon innocent).
- Attend ! la dame de quoi ?
- Ben tu sais bien, la dame de... (re-vacarme d'un monsieur qui tond les herbes folles avec un truc à fil pétaradant, d'ailleurs j'aurais un mot à lui dire à celui-là, qui m'a ratiboisé toutes mes belles herbes folles qui poussaient tranquilles devant la façade, zou, il a tout zigouillé pour ne laisser qu'un plan de menthe anémique - mais admis au registre de la ville-sans-mauvaises-herbes, sans doute).
- La dame de quoi ???
- (Excédé, à la cantonade) LA DAME DE LA BANQUE QUI T'A DIT QUE T'AVAIS PLUS DE SOUS !
Ahem. Ah oui, tiens. Bonjour madame.

mercredi 30 juin 2010

Crumble thaï au poisson blanc et aux crevettes

Dans le fond d'un plat à four, disposez des crevettes décortiquées et des filets de poisson blanc détaillés en gros cubes. Mettez au four à 180°C jusqu'à ce que le poisson soit presque cuit. Videz le plus possible de jus de cuisson. Préparez un appareil avec du mascarpone, du lait de coco, fleur de sel, poivre, versez sur le poisson. Préparez le crumble sans gluten : écrasez à la fourchette des haricots blancs cuits (en boîte ça va très bien), ajoutez le double environ de riz basmati cuit, de la coriandre ciselée, de la noix de coco fraîche râpée (ou en poudre si vous n'en avez pas de fraîche), mélangez bien le tout. Disposez le crumble sur le poisson, saupoudrez d'un peu de noix de coco supplémentaire, mettez au four le temps que ça dore.
Servez avec une salade de légumes croquants à la coriandre.

mardi 29 juin 2010

On achève bien d'imprimer

Cette fois, c'est littéralement qu'une page se tourne. Alphonse en est tout reniflant d'émotion, à tel point qu'il a fini par sortir du bois (enfin de l'armoire) pour venir me tenir compagnie pendant que je mettais la dernière main à notre livre. Je dis notre, parce qu'il y a participé d'active façon, le bougre, et que si les fantômes pouvaient toucher des droits d'auteur, à supposer que notre livre nous rapporte des droits d'auteur, ce qui n'est certes pas gagné, mais sait-on jamais, on a vu plus extraordinaire dans le monde de l'édition, qui est vaste et froid comme un désert la nuit parfois, mais aussi beau comme un bazar oriental d'autres fois, si les fantômes le pouvaient, toucher des droits d'auteur, disais-je avec une totale absence de sobriété dans la formule et une propension agaçante à enchaîner les mots sans reprendre souffle (on dirait que c'est Alphonse en personne qui écrit, dites - mais il se récrie dans mon oreille et rouspète d'une voix à peine voilée que non, c'est même pas vrai, qu'il est un modèle de chameau dans la sobriété), si les fantômes pouvaient, donc, il serait difficile de lui faire un virement bancaire mais il aurait sûrement droit à quelques petits gâteaux mitonnés juste pour lui.
J'ai donc, disais-je avant d'être fort peu élégamment interrompue par moi-même et par un fantôme impertinent mais bien sympathique, fini par tirer un trait à la fin de quelque 300 pages dédiées au Café Clochette, sa vie son oeuvre, enfin sa survie et ses premières années, mettons. Le grand souffle épique qui se dégage de ces pages ne manquera pas de soulever les foules, c'est certain. Ou les pâquerettes. Enfin ça soulèvera ce que ça pourra, pour l'instant j'en suis juste à me réjouir d'avoir enfin terminé. C'est étrange. Tous ces mots sont à la fois très proches de ce que nous avons vécu ici, et très éloignés. Je balance entre l'impression d'avoir livré quelque chose de très intime et l'impression de lire les aventures de quelqu'un d'autre. Ah ! grand paradoxe de la chose écrite et toute cette sorte de choses !
Maintenant, advienne que pourra. J'aurai au moins rempli ma promesse envers les heureux détenteurs d'une onzième carte de fidélité du Café Clochette (on me dit dans l'oreillette - ah non c'est Alphonse qui me dérange la frange - que la douzième est proche pour une petite, enfin grande, famille) et puis on ne sait jamais, ça deviendra peut-être un jour le livre de chevet (bernardin ou bénédictin, au choix, encore que mes goûts personnels me portent plutôt à apprécier l'esthétique bénédictine, chuchote Alphonse dans mon dos) de jeunes créateurs ou trices d'entreprises en puissance. C'est à vous, mes jeunes amis, que je dédie mon coup de chapeau final en guise de trait tiré sur cette aventure littéraire.

dimanche 27 juin 2010

Les sujets les plus graves

- Maman, c'est comment quand on est mort ?
- Euh... qu'est-ce que tu en penses, toi ?
- C'est quand on est tout plat.
- ???
- Oui, comme les insectes, sur le mur.
- ???
- Quand Clochette elle écrase les petits insectes sur le mur, après ils sont tout plats et ils sont très morts, non ?
- Ah... oui.
- Mais moi, je vais pas mourir, hein ?
- Si, mon loup. Tu es un humain, tous les humains meurent. Mais tu as plein de choses à faire avant, des tas de choses à apprendre, des tas de gens à rencontrer, et puis un jour tu seras un homme adulte, comme papa, et puis tu tomberas amoureux et puis tu auras des enfants peut-être bien, et puis tu auras un métier, et puis tu feras des tas de belles choses...
- ...
- Qu'est-ce que tu en penses ?
- ... J'ai peur de quand je suis mort.
- Tu crois que c'est comment, quand on est mort ?
- Peut-être que c'est quand on est tout plat dedans ?
- Peut-être bien, mon loup, peut-être bien...

vendredi 25 juin 2010

Oui, mais de mort lente

Humour culinaire breton : mélangez du beurre, du sucre, du beurre, du sucre et une cuillerée de farine, puis mélangez énergiquement pour alléger la pâte. Ca fait rigo-râler la cafelière à tous les coups de cuillère en bois. Heureusement, c'est plutôt une saison à panna cotta et petits choux au citron avec du coulis de framboise, c'est moins physique comme cuisine. Je sais pas trop ce qu'elle a, la cafelière, elle cherche à s'échapper de sa cuisine au moindre prétexte en ce moment. Le petit loup en résidence étant tout maladou au point de manquer bientôt la fête de l'école, elle a même parcouru la ville en tous sens avec lui sur le dos dans l'écharpe qu'il fréquentait assidûment du temps où il faisait quand même dix kilos de moins.
Le Café Clochette continue, lui, sa vie quotidienne habituelle avec querelles de matous, petits enfants barbouillés de chocolat et haltes tranquilles dans la courette. Quant à moi, je vérifie tous les soirs l'avancée du fameux "Jolies recettes du Café Clochette" d'où je m'efforce d'enlever quelques coquilles et c'est au moins aussi harassant que de parcourir les routes avec une coquille sur un sac à dos. J'ai fait ça, aussi, à la grande époque de ma vie terrestre, avant d'endosser cette tunique d'invisibilité qui me colle à la peau de fantôme. Il y a comme du flottement dans les avenirs par ici. Le mien est, de toute façon, voué à une vie discrète et puis tous les copains sont sur le point de partir en vacances (pourquoi croyez-vous que les fantômes n'ont pas besoin de vacances ?) et je me retrouve un peu seul. Je n'ai pas l'intention de rallier mes pénates estivales avant de voir ce qui va se passer, vous pensez bien. On attend déjà demain pour voir le résultat du battage de pâte version gâteau breton, rien que ça, ça vaut son pesant de croquettes.
Et puis une grande décision nous attend pour l'été : quand ferme-t-on, pour combien de temps, et à quelle date fixer la rentrée ? Il semblerait que le Café Clochette doive rester ouvert au mois de juillet et fermer en août, mais il reste quelques paramètres à identifier, ne serait-ce que la date du miam-miam-poulettes anniversaire du premier, deux-trois anniversaires à caser pour une célébration dans les règles et les escapades promises au loupinet depuis l'été dernier, sous la tente, à batailler avec les mouettes. Je me demande s'il y aurait une petite place pour moi sous la tente. Je pourrais me rendre utile. Enfin il paraît que je ronfle, ça ferait désordre une tente vide qui ronfle en attendant le retour de ses occupants légitimes. Bon, quelques paramètres à identifier, on disait...

jeudi 24 juin 2010

Papeton d'aubergine

Une fois n'est pas coutume, c'est une entrée qui m'a inspirée cette semaine, à base d'aubergine, un légume tout à fait injustement ignoré à mon avis (mais ça n'engage que moi).

Papeton d'aubergine

Faites cuire à la vapeur quatre ou cinq belles aubergines lavées mais non épluchées et coupées en cubes. Ecrasez à la fourchette, ajoutez un verre de crème et 4 oeufs, assaisonnez puis versez dans un moule à cake et mettez à cuire à 180°C pendant 30 à 40 mn. Démoulez délicatement puis servez frais, en tranches, avec une cuillère de bonne sauce tomate et un peu de basilic ciselé. Ou du romarin frais, pour changer. Ou de la sarriette. Enfin ce que vous avez sous la main.

mercredi 23 juin 2010

Nouvelle page, nouveau carnet

Train. Sur les affiches, une famille d'ours roupille béatement, un petit chien est sur le point d'être abandonné. Au buffet de la gare, place du 8 mai 1945, lamentations journalistiques en arrière-plan sur le thème du foot (mais la cafelière se réjouit de ce que l'équipe féminine, leader de son groupe, ait battu hier les copines, dixit un entrefilet dans un journal qui a bien changé depuis son dernier voyage en train), "aux choix" sur la carte (argh et sic) des desserts. Des costards wifitent, d'autres mot-croisottent. Sirotages divers de café 100% pur arabica de Costa Rica.
A l'arrivée, pas d'étourneaux cette année, ils sont en Afrique à cette époque. Un tram déboule et embarque l'héroïne vers son avenir. Le monsieur du café rigole "vous cherchez la fac ? comme tout le monde !" et la grille résiste un instant avant de céder le passage. Le fringant professeur, qui s'y connaît autant en multiplication qu'en partage, me fait visiter les lieux. C'est lumineux, chaleureux comme l'accent du Sud et serein comme un temple. La bibliothèque achève de me conquérir. Comment se démultiplier pour être ici souvent et ne pas quitter la vie d'avant ? cette question ne cesse de me hanter depuis des années.
Une baignoire minuscule et une robe qui laisse dépasser les papattes, dans l'espoir de leur donner quelques couleurs au soleil qui commence à baisser sans abdiquer. Fête de la musique, on sent comme une trépignation-trépidation dans l'air, la foule s'assemble et de dessemble vers le centre. Je déambule, autant pour le mot que j'aime que pour l'expérience. Hotels, folies, caryatides et pastilles. Accordages et accordéons. Sous un micocoulier, je m'attarde pour de roboratives moules-frites avec-un-verre-de-blanc et, comme aurait dit celui qui vécut ici mais n'y est plus (je le sais maintenant), ça le fait. Un monsieur dîne seul et nous échangeons un sourire de célibataire connivence. A la table d'à côté, une dame tient absolument à savoir "mais vous avez du Pic Saint-Loup ?". Le serveur, navré, avoue que non et tente de caser autre chose. Je me retiens très fort de tendre la carte du visite du Café Clochette où, oui madame, on sert du Pic Saint-Loup. Une esquisse de diagramme où surnagent quelques mots grecs (et un Samaritain, mais pas de raton laveur) et je repars. Ruelles, pierre blanche, portes austères et heurtoirs colorés.
La foule, à un moment, n'a plus qu'un seul coeur au rythme des percussions. Un arc de triomphe qui n'a plus besoin de triompher sert de point de repère aux réunis par la voix des ondes électromagnétiques et téléphonées. La place de la Comédie et l'Opéra accueillent une rumba sous la voix rauque d'un chanteur ibérique à guitare. Dans les petites rues, plus haut, c'est la nostalgie du rock qui se chante et se gratte. Les verres sont en plastique et les sourires charmés. Dans la cathédrale, le public retourne le dossier des bancs pour faire face à l'orgue. Une incongrue version de Flower of Scotland succède aux pompes et circonstances avant de mourir chez Bach. Près de la gare, c'est moins acoustique et plus sonore. Quelques-uns ondulent devant une stéréo.
La nuit est courte mais réparatrice et le retour au soleil change le visage de la ville. Il paraît qu'il fait frais. La Bretonne devenue craint les coups de soleil et marche à l'ombre. Deux jeunes à chien et dreadlocks disent venir du Nord : Nantes et Angers. Ils ont déjà les coups de soleil. Les serveurs aux terrasses ont l'air fatigué. Les chevaux de bois du manège se reposent de leur nuit agitée. Une commerçante me narre ses soucis de RSI, nous commisérons à nos aventures respectives.
Entrain. Livre neuf pour la route. Entre deux contemplations de l'intérieur de mes paupières, je regarde passer les veaux, tout petits, tout blancs et sûrement très doux à caresser entre les oreilles, mais ils passent trop vite pour que je puisse leur faire les trois poutoux à la montpellieraine. Le même journal qu'hier, édition actualisée, pavoise sur ses relations privilégiées avec un ténor de la mode qui en a fait un truc impossible à plier pour faire tranquille le sudoku du jour. A la réflexion, je n'ai pas tellement envie de réfléchir. S'il n'y a qu'une leçon à tirer du voyage, c'est de se laisser porter. Laisser flotter les mots et la parole qui vient.
Demain, c'est aujourd'hui.

lundi 21 juin 2010

Excipient à effet notoire

La cafelierre s'apprête à se séparer momentanément de ses racines et à passer deux jours hors les murs du Café Clochette et en ressent comme une exaltation, dites. Comme dirait MiniLoup, "maman, tu vas en voyage pour visiter ton école ?" et oui, je vais en voyage pour visiter ma prochaine école. A la rentrée, je me ferai des couettes et je mettrai mon petit tablier à carreaux, je mettrai mon petit cartable à oreilles sur mon dos et je monterai d'un étage pour allumer mon ordinateur et commencer les cours par correspondance. Plus de chimie amusante version "ça fait quoi du sucre, des oeufs et de la farine" mais grec, hébreu et géographie des Cévennes. Allez hop.
Je vais en profiter pour goûter à la fête de la musique ailleurs qu'à Rennes, mais n'oubliez pas le concert de lundi soir dans le square du Vieux Saint-Etienne, juste en face du Café Clochette !
A mercredi.

dimanche 20 juin 2010

Bibimbap

Le bibimbap vient de faire une entrée remarquée à l'ardoise du Café Clochette, tout ça parce que la cafelière, dans un moment de pénurie livresque, a acheté un bouquin au Papier Timbré (clic) et que le héros du dit livre y dégustait un bibimbap, donc. Le livre, si vous êtes curieux, c'est Les accommodements raisonnables, de Jean-Paul Dubois (si vous ne connaissez pas Vous plaisantez, Monsieur Tanner, du même Jean-Paul Dubois, je vous encourage vivement à foncer dessus et à le dévorer, surtout si vous avez des projets immobiliers). Il aurait degusté des pieds de cochon, comme un autre héros, ça m'aurait moins parlé, mais un plat exotique au nom rigolo, ça ne pouvait pas manquer de me faire dresser l'oreille. Enfin friser les yeux. Enfin bref. Après un petit tour sur internet pour trouver quelques versions de la recette, voici celle qui a fait son apparition cette semaine au Café Clochette. Si vous avez des envies gastronomiques, vous savez ce qui vous reste à faire : trouver le livre qui contient l'objet de votre fringale et le faire parvenir à la cafelière...


Bibimbap (riz mélangé à la coréenne)

Faites cuire du riz selon votre méthode habituelle.
Râpez deux carottes et deux petites pommes de terre et faites-les revenir à la poêle jusqu'à ce qu'elles commencent à dorer. Arrosez d'un trait d'huile de sésame et d'un peu de sauce soja. Réservez.
Couper en tranches très fines du faux-filet de boeuf, faites mariner dans un mélange de sauce de soja, miel, huile de sésame, ail écrasé et graines de sésame. Faites revenir rapidement et réservez.

Epluchez un concombre, détaillez-le en tranches et faites dégorger au sel, réservez.
Coupez en lanières des feuilles de laitue.
Ebouillantez des épinards frais (ou faites cuire selon les instructions des épinards surgelés), arrosez d'huile de sésame et de sauce de soja, réservez.
Enfin, faites cuire deux oeufs sur le plat.
Dans deux grands bols ou assiettes creuses, mettez une petite montagne de riz au centre puis entourez de petits tas de garniture en arrangeant joliment les couleurs. Ajoutez l'oeuf sur le dessus. Accompagnez de do chua (clic) et d'une sauce pimentée (un mélange de miel, huile de sésame et pâte de piment).

Si vous cherchez la recette originale, sachez qu'il y en a des tas, par exemple ici (clic) et ici (clic). Pour une recette en images, allez donc voir par là :












samedi 19 juin 2010

Beam me up, Scotty (there's no life form down here)

C'est l'été. L'été au Café Clochette, c'est une période encore plus étrange que le reste de l'année. On vit au rythme du soleil, puisque lorsque le soleil est de la partie, les familles migrent en masse vers les parcs et les plages et délaissent petites toilettes rigolotes et banquettes vertes du Caf' Cloch'. On s'adapte. On en profite pour faire la compta qui traîne (la compta traîne toujours, c'est constitutif du truc), passer la patte à relaver (comme disent nos voisins helvètes) tout bien soigneusement dans quelques coins perdus qui échappent parfois à mes efforts, chercher la petite bête qui pourrait venir tenir compagnie aux petits dessins surprenants qu'on trouve un peu partout par ici, refaire le stock des jouets en bois, recoller la patte du canard dandinant qui se décolle tout le temps tant il dandine intensivement, faire des gâteaux, bien sûr...
On profite aussi de la terrasse qui reste au frais quand il fait chaud dehors, on se laisse câliner par une Clochette en manque de présence enfantine, on compulse des livres de recettes consacrés aux panna cotta et autres cheesecakes. On se lève avec empressement quand la clochette de l'entrée tintinnabule et on indique au jeune homme ébouriffé qui vient d'entrer où il peut installer son affiche pour un "concert-qui-va-déchirer", entre celle pour la soirée flamenco et celle sur la dernière conférence sur la parentalité, car nous aimons le panachage et la diversité.
On se demande si c'est bien raisonnable de faire ce métier.
On prend tout le temps de déjeuner tranquille et on a même le temps de boire un grand déca en discutant sans être interrompu de bonnes nouvelles et de louveteaux duveteux (ou pas).
On se dit que ça ne va pas durer et que le lendemain, sûrement, on va courir partout et qu'il ne faut pas se laisser prendre au dépourvu.
Le lendemain, on se laisse prendre au dépourvu. C'est l'été, quoi. Ca nous rapproche un peu, un tout petit peu, du rythme de la nature. Encore que. On n'a pas les foins à rentrer. Oui non, en fait ça ne nous rapproche pas tellement du rythme de la nature. Plutôt du rythme lent de l'ironie littéraire, comme chez W.C. Fields, tiens : "n'essayez jamais d'impressionner une femme ! parce que si vous le faites, elle s'attendra à ce que vous mainteniez le rythme tout le restant de votre vie. Et le rythme, mes amis, c'est la dévastation". C'est pas moi qui le dis, hein.

vendredi 18 juin 2010

70 ans après

Une petite fille à un petit garçon dans la cabane à jouets :
- Tu viens jouer à la poupée avec moi ?
- Nan, j'âme mieux jouer avec les petites voitures.

L'Histoire est en marche.
Soixante-dix ans après l'appel, voici le râteau.

Pétition pour le soutien aux sages-femmes

SOUTENEZ LES SAGES-FEMMES

Les sages-femmes sont menacées…

Au nom de la sacrosainte rentabilité, des maternités ferment pour se regrouper au sein de pôles d’accouchements où les conditions de travail ne cessent de se dégrader. En parallèle, l’activité libérale des sages-femmes reste méconnue des femmes et très peu promue par les pouvoirs publics.
• Savez-vous qu’une sage-femme peut assurer le suivi de grossesse dès sa déclaration ?
• À responsabilité et contenu équivalents, un acte de sage-femme tel que la consultation reste sous rémunéré à 17 ou 19 € par rapport au même acte effectué par un médecin (23 € en janvier 2011).
• Des cabinets ferment faute de revenus suffisants malgré un nombre d’actes croissant.
L’exercice libéral ne peut donc pas pallier aux difficultés des femmes à réaliser leur projet de naissance. Présentes pour accompagner les 800 000 naissances en France chaque année, les sages-femmes, spécialistes et garantes de la physiologie, pratiquent les 2/3 des accouchements sous leur seule responsabilité.

Il est capital de préserver la qualité de cet accompagnement, pour que chaque vie soit accueillie avec délicatesse et que naître rime avec « bien naître » pour la mère et l’enfant.
Aujourd’hui l’art de la naissance est en danger.

SAGES-FEMMES MENACEES = FEMMES EN DANGER

Les sages-femmes peuvent assurer un suivi global, respectueux des usagers et de la physiologie, avec une médicalisation à bon escient de la grossesse et de l’accouchement. Elles pourraient assurer leur mission tout en réduisant le coût général des dépenses de santé.
Manifestation le vendredi 18 juin à 10h30, place de la République à Paris, tout en noir, pour marcher vers le Ministère du Budget, quai de Bercy.

Signez la pétition ici : http://petitionsagesfemmes.zigszags.org/

jeudi 17 juin 2010

Ourson prisonnier et prix du livre

Tiens, tu sais pourquoi (hèle le bouquiniste en direction de son voisin et collègue) Derrida est moins cher que Deleuze ? Il se marre lorsque le collègue répond "c't'une question existentielle, ça", l'air soucieux, et puis ils rigolent ensemble en mettant de l'ordre dans les polars.
Au Café Clochette, les enfants se ruent sur les oursons prisonniers. On avait repéré l'idée dans un petit livre sur les verrines il y a peu : un peu de glace, un ourson chocolaté et quelques Mikado et voilà, un ourson en cage que dévorent ces petits.
Tout ça a un petit air d'été, vous ne trouvez pas ?

Story o' my life

Ce qu'il y a de plus irritant et de plus passionnant dans la traduction, c'est le passage d'une langue dans une autre d'un marqueur culturel invisible dans la langue usuelle, essentiellement ces petits bouts de phrase automatiques qu'on se dit entre locuteurs de la même langue, qui ne portent pas à conséquence, font avancer le discours, et disent beaucoup tout en ne disant rien. Une de ces expressions, c'est "story of my life". Si un pékin annonce à un autre "j'ai passé trois heures à étendre mon linge au soleil dans le jardin et là, l'orage a éclaté et j'ai dû tout relaver", l'autre peut tout à fait lui dire "c'est l'histoire de ma vie". En général, c'est plus rigolo que ça, mais là comme ça je n'arrive plus à remettre le neurone sur l'épisode de Friends où cette expression est employée et où c'est vraiment rigolo. Bref.
J'aurais eu tendance à traduire en français par une expression du genre "m'en parle pas" : la deuxième personne se retrouve dans le discours de la première et l'évoque sans s'appesantir. La conversation peut, soit s'arrêter là-dessus et la deuxième personne raconte sa propre histoire, soit continuer et passer à autre chose.
Ce qui me frappe, c'est que si on écoute littéralement ces deux expressions, en réalité elles recouvrent des choses exactement opposées : en anglais, c'est l'histoire qui est centrale, et une histoire c'est ce qui relie des gens entre eux et les ancrent dans une épopée commune avec des incidents propres à chacun. En français, on suspend par l'expression "m'en parle pas" la volonté d'une histoire commune, puisque c'est la volonté exprimée de ne plus parler, de ne plus participer au discours commun.
Après cette introduction effarante de pédanterie, où exactement voulais-je en venir, déjà ? Ah oui. Changer de regard. Si ces deux expressions permettent de donner voix à un sentiment commun, c'est bien qu'on peut penser différemment des choses qui se ressentent pareil. Et ça change tout. Je m'explique.
Si je rate un gâteau, je peux bouillonner d'indignation contre ce four qui fait rien de ce que je lui demande, contre la farine qui était moins humide que d'habitude, sûrement, contre les oeufs qui ne sont pas aussi gros ou contre le beurre qui refusait de fondre en rentrant dans l'appareil alors qu'on lui demandait poliment. Ou alors, je peux me dire, tiens, ça va être compliqué de retrouver la recette exacte de cette petite merveille, j'aurais dû noter comment je m'y prenais. C'est une question de regard.
Ou alors, si je n'arrive pas à trouver une minute pour répondre à toutes les personnes qui, en ce moment, me demandent des précisions sur le Café Clochette parce qu'elles pensent très fort depuis quelque temps à faire quelque chose qui y ressemble et qu'elles ont bondi de joie et sur leur clavier quand elles ont découvert ce blog, je peux soit m'arracher les quelques cheveux qui me restent, soit me dire que c'est bon signe, tous ces gens qui se posent des questions et que ça vaut le coup de prendre le temps de réfléchir à une réponse.
Ou alors, si j'ai un coup de blues parce que l'avenir me semble vraiment incertain tout à coup et que je perds pied à essayer de l'imaginer, je peux soit foncer sur la plaquette de chocolat qui traîne dans mes tiroirs (et ici, croyez-le ou non, les tablettes de chocolat pèsent 5 kg, ce qui vous donne une idée de l'étendue des dégâts à prévoir), soit me dire "bouaf, à la grâce de Dieu, on verra bien". C'est selon. Mais ça change tout.
Vous n'avez pas, vous, de ces alternatives ?
Non ?
Je suis toute seule derrière mon clavier ?
Ah.
Story o' my life.

mercredi 16 juin 2010

Chadoption

- Maman, tu les aimes bien, les chats ?
- Ben oui mon loup, je les aime beaucoup. Pourquoi tu demandes ça ?
- Tu voudrais pas qu'on les donne ?
- Euh... pourquoi tu veux donner les chats ?
- Et bin au marché, en revenant, j'ai vu trois tout petits chats tout blancs, ils étaient troooooop mignoooooons ! et puis je voudrais bien les ramener à la maison et puis les prendre dans mes bras et puis leur faire des petites caresses sur la tête et puis leur donner du lait. Alors tu vois. Paske tu as dit que trois chats c'était le massimum, alors tu vois.
(Moi je dis, cet enfant sait compter. Ce qui est une bonne nouvelle. Il a de l'affection pour les félins, c'est une autre bonne nouvelle. Il a du vocabulaire, troisième bonne nouvelle.
Pour le reste, j'hésite à aborder le thème de la responsabilité ou celui de la litière à changer.)
- Oooooh ! c'est vrai, tu as vu trois petits chats ?
- Oui. Ils avaient des toutes petites griffes et des tout petits yeux et des toutes petites queues et un petit nez rose. Chacun. Et des toutes petites moustaches. Et aussi des toutes petites pattes.
- Ah ? ça faisait combien de petites pattes en tout ?
(Réfléchit.)
- Plein. Tu crois que ça fait trop ?
- Ben ça fait beaucoup, non ?
- Hum...

Là, il réfléchit. Tout n'est pas perdu.

mardi 15 juin 2010

lundi 14 juin 2010

Fête de la musique au Vieux Saint-Etienne

Si vous n'avez pas encore choisi votre programme pour la soirée du 21 juin, je vous suggère de venir voir dans le quartier ce qui se passe. L'association de quartier Entr'Ille et Ville et les commerçants de la rue de Dinan vous invitent à participer à la fête de la musique le lundi 21 juin à partir de 19h30. Voici le programme de la soirée avec les horaires de passage prévus :

JAZZ
19h30 : Les Chapeautés
20h00 : JAZZ'OCAILLES
20h45 : OLHIA
21h30 : TROÏ K
22h15 : Boeuf de jazz vocal

FEST-NOZ
23h00 : "L'Orchestre à puces & les chanteuses Mystère"
23h45 : ZONK HA STRONK

Ca se passe dans le square du Vieux Saint-Etienne et ça promet de la vie et de la voix !

dimanche 13 juin 2010

Bien des choses en somme

Un spectre hante ce blog. Non ! pas Alphonse... un vrai spectre, enfin une inquiétude taraudante, si vous préférez, une ombre qui plane, un doute qui vole, une menace à l'horizon, une fêlure intrinsèque, une faiblesse inhérente, comme un pressentiment...
J'ai passé les quelques derniers jours à mettre en ordre quelques textes issus de ce blog et j'en retire une impression mitigée. Entre l'inquiétude des premiers frémissements de possibilité de l'existence du Café Clochette, les premiers mois et leurs Cerfas terrifiants, le passage du premier anniversaire, puis les débuts de la deuxième année, les recettes et quelques billets sur les chats, ça fait bien du bazar tout ça. Ca ne vous arrive jamais de vous dire que vous avez consacré des mois ou des années à une activité dévorante et qu'au bout du compte, il n'en reste que quelques miettes pas très appétissantes ?
J'exagère un peu : il y a quelques billets que j'aime bien ici ou là. Et puis c'est une mémoire vive de ce qui s'est passé ici au cours de ces deux dernières années et comme je ne tiens plus de journal intime depuis mes 12 ans, à la suite d'une sombre histoire de tiroir à chaussettes visité en mon absence, ça me permet de ne pas oublier les détails rigolos. Mais quand même, j'ai comme l'impression que mon écriture se délite et que ce n'est plus vraiment là que ça se passe.
Pourtant, d'avoir revu en vitesse accélérée les émotions liées à cette aventure m'a un peu mis la tête à l'envers. La grosse tête, d'ailleurs, puisque grâce à Daniel, qui tient le chouette blog recreablog.com (clic), le Café Clochette a connu la semaine dernière une minute de gloire dans Elle édition Bretagne, dites donc ! Toute l'équipe est très fière. Et vu que, comme le précise Daniel, "tous les gâteaux sont maison", vous imaginez la pression ? on a pâtissé toute la semaine. La dernière version de sablés maïs, orange et pépites de chocolat, sans gluten, est particulièrement réussie. Seul bémol : les gâteaux nous explosent entre les doigts à la moindre provocation, ce sont donc des sablés à manger à la cuillère. On ne trouve pas plus original sur toute la place de Rennes. Sûr et certain. Je vous livrerai la recette un de ces jours, à charge pour vous de fournir la petite cuillère.
Où en étais-je ? Ah oui, le blog. Alors c'est officiel, le livre de recettes du Café Clochette ne sera pas un livre de recettes, non m'dame. Ce sera un livre consacré au Café Clochette, avec des recettes dedans. Ceci étant (presque) fait, je suis sur le point d'avoir rempli ma promesse envers les heureux récipiendaires du gros lot du jeu des cartes à papattes, et d'avoir bouclé un genre de boucle en concluant par l'écriture ce qui avait commencé par l'écriture. Alors ce fameux spectre, me direz-vous si vous suivez le fil décousu de ce billet bizarre ? Et bien le spectre, c'est de ne plus arriver à écrire ailleurs qu'autour du Café Clochette. Il eut fallu sans doute que je m'écoutasse et d'autre chose plus tôt explorer quelques traces. Faute de quoi, foin de bocks, limonades, cafés et tilleuls, je me retrouve comme une ado à me tortiller la plume pour trouver les mots pour parler d'autre chose. Ca me renvoie quelques années en arrière, à batailler avec la question qui hante les traducteurs littéraires, de trouver une place face aux mots des autres. Sauf que là, ce sont les miens qui commencent à m'encombrer. L'auto-autodafé est bien tentant parfois. Enfin bref, une page se tourne, pour rester dans l'idée. Je suis curieuse de connaître la suite de l'histoire. Zut, si c'est moi qui l'écris, me voilà coincée...
Enfin, faute de trouver une chute valable à ce billet étrange, je le laisse en suspens façon cliffhanger. J'espère que l'herbe est moelleuse au pied de la falaise.

samedi 12 juin 2010

Le retour des Griboos




Vous souvenez-vous au mois de mars (clic) ? je vous avais parlé de l'accrochage au Café Clochette d'une exposition par le peintre Claude Barbarin, avec ses petits personnages, les Griboos, parce qu'ils sont gris et beaux. Aujourd'hui, Claude est revenu pour remplacer les tableaux qui avaient été vendus. La girafe rose de la table dite "à la girafe" a pris son envol, si j'ose dire, pour être remplacée par un tableau complètement étonnant avec une petite fée la tête à l'envers et une fusée qui part vers un univers inconnu.
Sur l'autre mur, il y a quelques tableaux "nouvelle manière" qui renouvellent avec bonheur l'inspiration du peintre. C'est impressionnant de voir l'évolution de ces personnages. Chaque petit carré de 20x20 cm (au prix de 25€) raconte une histoire, comme une planche de bande dessinée condensée. On note aussi l'apparition de petits animaux, dont un lézard qui a l'air de se balader de toile en toile sur tout le mur. Bref, ça vaut le détour ! En plus, l'artiste est plein de bonnes idées et le moment passé à discuter était un vrai plaisir. N'hésitez pas à aller jeter un coup d'oeil sur son blog, barbapeinture.over-blog.com, ou à aller tailler une bavette pour de vrai là où il expose cet été : à Auray les 17, 24 et 31 juillet ; et du 2 au 29 août, place Chateaubriand à Saint-Malo, tous les jours de 10h à 23h.

vendredi 11 juin 2010

Et piaf !

"En ce mois de juin, les répétitions de la fête de l'école commencent... Votre enfant, pour le spectacle, aura le rôle d'un oiseau : au choix."
Colibri ? autruche ? perruche ? ara ? albatros ? pingouin ? merle ? jars blanc suédois ? coq de basse-cour ? paon ?
Je veux bien lui coller des plumes partout à mon MiniLoup, mais un indice m'aiderait quand même un peu. Ne serait-ce qu'une petite indication géographique. Non ?
Bon. J'envisage de mettre un peu de chaque, alors. Suivant la maxime qui veut que tout oiseau chante à point à qui sait l'emplumer joliment. Non, c'est pas ça ? Pfff.

jeudi 10 juin 2010

- O - - I -


Ah, si seulement...

mercredi 9 juin 2010

Zzzoufff

Voilà-t-y pas qu'on se désolait, Aude et moi, d'une fréquentation en nette baisse la semaine dernière. Le problème, quand il n'y a pas grand-monde, c'est qu'on a tout le temps de cuisiner, et comme on a plein de recettes à tester en retard, on se retrouve avec plein de gâteaux et de petits gâteaux et comme il n'y a personne pour les manger, on a l'air un peu bête (sauf si on est invité le dimanche, auquel cas on peut faire la modeste en disant "oh vous savez, quand on a restaurant...").
Par contre, quand il y a plein de monde et que la semaine précédente on s'est un peu morfondu, on a tendance à être très légèrement pris au dépourvu. Genre, à 12h14 on se dit qu'on aurait peut-être dû sortir les assiettes pour les petits avant que les trente-sept minots (ils n'étaient pas trente-sept ? on aurait dit pourtant !) n'arrivent tout affamés, les pauvrets, alors que la cafelière n'assure ni un ni deux cachous et les laisse le ventre vide pendant qu'elle s'active en pestant sur son manque de préparation. A 12h22, tout était rentré dans l'ordre en cuisine et c'est le ballet de la salle qui commençait. Croyez-moi si vous voulez, Aude a réussi le tour de force de rajouter deux tables en plein service pour installer deux mamans qui s'étaient donné rendez-vous avec les trente-huit et trente-neuvième enfants du jour au Café Clochette. Des visages connus, des visages inconnus, des exclamations "oh regarde, des chats au plafond !" "mais enfin mon fils, les chats ça ne marche p... ah oui tiens, un chat au plafond !" (ça, pour comprendre il faut venir zieuter). Des assiettes de bobotie et du parmentier de cabillaud. Des feuilles de salade qui volent partout dans la cuisine au moment où un MiniLoup aventureux entre en collision avec sa maman échevelée. Des petits gâteaux, des petits choux au citron, coulis de framboise. Des cafés, des assiettes de sablés pour les petits. Quelques mots échangés au détour d'une table.
A 14h32, grand silence blanc. Nous nous regardons interloquées d'avoir survécu (enfin j'exagère un peu, un tout petit peu ; c'est juste que passer de 39 enfants - au moins - à un MiniLoup tout seul qui mange ses fraises tranquillou sur la banquette, ça peut parfois être un peu brutal). Il ne reste plus qu'à débarrasser les tables, décoller un peu de purée ici ou là, nous garnir nos propres assiettes avec la salade qui n'a pas voleté partout et nous asseoir pendant que MiniLoup part à la sieste, un peu fâché pour une histoire de fraises en nombre hélas limité.
Ouf. Ca fait un an et demi et je n'y suis pas encore habituée. Je me retiens cependant de parler en ces murs de "coup de feu" ces derniers temps, ce champ lexical ayant tendance à faire dresser l'oreille velue de mon petit pseudo-quadrupède dont l'intérêt semble tout entier dévolu aux armes, si possible à feu, et qui dort avec une bonne cinquantaine de bâtons pointus à côté de son lit. Il a même réussi à me soutirer un couteau à huîtres, avec la promesse expresse qu'il ne s'en servirait, le cas échéant, que contre les cauchemars. Je me tâte : je m'inquiète ?
Le reste de la journée fut plutôt plus calme, et se termine en douceur.
Au moment de la lecture du soir : "Maman, pourquoi les oiseaux ils ont des plumes ?"
A la fin des infos à la radio : "Le trou de la Sécu atteint la côte d'alerte." (La côte d'Adam, c'était déjà pris).
Je crois qu'une camomille s'impose.

mardi 8 juin 2010

Le blues de l'élu(e)

Un monsieur très légèrement bedonnant, chemise à petites raies fines bleu clair, planté au milieu des pigeons de la place de la Mairie, discute avec son téléphone.
"... oui mais tu vois, je me sens enfermé. J'ai vraiment besoin de fantaisie, là..."
La cafelière lève un sourcil et continue son chemin, non sans s'interroger. Encore un de ces jours où les personnages se sont échappés des romans.
De deux choses l'une ou l'autre. Soit ce monsieur a entamé la fameuse scène dite de l'acte 3, scène 5, "la rupture", et il doit y avoir une Cunégonde en pleurs à l'autre bout du sans-fil (mais au milieu de la place de la Mairie et par téléphone, c'est... comment dire... moyennement courageux peut-être) ; soit c'est un élu de notre belle municipalité échappé brièvement d'une réunion importante dans cet antre souverain de la légitimité républicaine qu'on appelle mairie, et il livre à quelqu'un ses états d'âme.
Allez savoir.

dimanche 6 juin 2010

Conférence

Le jeudi 10 juin à 20h30, aux Champs Libres, le Bureau des temps de la Ville de Rennes vous propose une conférence animée par Sylvie Cadolle (auteur, chercheuse et sociologue) et intitulée "Le temps des recompositions familiales" : "après la séparation du couple vient souvent le temps de la recomposition. Celle-ci se caractérise par la complexité des relations familiales qu'elle provoque. Lorsqu'ils conservent un lien avec leurs deux parents, les enfants doivent s'adapter à deux foyers, deux modes de vie, deux beaux-parents, des demi ou quasi frères et soeurs... Ils sont parfois confrontés à de nouvelles séparations, à la perte de certains liens. Quels temps et rythmes nouveau ces mutations entraînent-elles ? Quelle influence ceux-ci ont-ils sur les liens familiaux ?" Sylvie Cadolle nous invite à adopter une perspective longitudinale, à travers la durée, pour mieux comprendre les mutations de la famille contemporaine. Pour assister à cette conférence, la réservation est conseillée (au 02 23 40 66 00 ou sur place).

samedi 5 juin 2010

La politesse est l'exactitude des affamés ; ou, de l'inflation comme une variable correctrice des velléités éducatives maternelles

- Maman, je peux avoir du dessert ?
- Oui, comment on demande ?
- Maman, je peux avoir du dessert au chocolat ?
- Euh... Oui mais je veux dire, comment on demande poliment ?
- Maman, je peux avoir du dessert au chocolat si il en reste ?
- ...
- S'il-te-plaît, maman, si il en reste, je voudrais bien du dessert au chocolat.
- Ah ! ben voilà, ça c'est drôlement poli !
- Oui, mais ça prend drôlement du temps.
- ...
- Paske maintenant, j'ai tellement faim que maintenant je voudrais bien deux desserts au chocolat.
- Comment on dem... ?
- S'il-te-plaît, maman, je pourrais avoir trois desserts au chocolat ?

vendredi 4 juin 2010

Swing low

J'ai pris hier soir ma première leçon de chant, version gospel. C'est très simple : il faut avoir de la voix, chanter juste et avoir le rythme dans la peau.
Ahem.
Sur les trois plans, ça va poser un léger problème. Oui. Bon. Il est vrai que dans mes jeunes années, il m'est arrivé d'avoir la faiblesse de vouloir faire de la musique, un penchant tout à fait encouragé par des géniteurs inconscients et qui a valu assez de soupirs à mes professeurs successifs pour repousser le Mont Blanc de dix centimètres vers l'Italie. Mais j'ai cru que, l'âge aidant, les choses avaient pu s'améliorer sans que je m'en aperçoive. L'expérience d'hier soir a montré qu'il n'en était rien. Le filet de voix qui me sert de sirène à incendie pourrait servir de standard idéal à la portion de jus de citron nécessaire sur une sole, la justesse de mon oreille n'a d'égale que la pertinence des idées gauchisantes de notre ministre de la France-qu'elle-est-bien-belle-ma-brave-dame et le rythme euh... ben j'en ai pas la moindre velléité de trace d'un petit bout de présence. Tout ça est très contrariant.
Ce matin, en cuisine, profitant du fait qu'aucune association n'avait prévu d'investir les lieux pour y tenir une permanence ou un atelier, j'ai fait une tentative en solitaire. Je n'ai jamais vu les chats aussi épouvantés, sauf peut-être le jour où un MiniLoup tout petiot s'est approché à quatre pattes de leur assiette pleine de petits bouts de crevettes et les a tous gobés un par un.
Mais je ne m'avoue pas vaincue. Histoire de ne pas perdre de temps et de concentrer les activités, j'ai prévu de m'atteler à des sessions de récitation des verbes grecs irréguliers, version gospel, en épluchant mes oignons. Si j'arrive à caser un ou deux pas de danse, ma félicité sera à son comble.
Il faut que je prévienne les voisins. Ca va swinguer.

jeudi 3 juin 2010

Demande à la soupière

Il semblerait qu'un bon baromètre de l'âme humaine soit les outils de notre profession ("the tools of one's ploy"). N'ayant pas sous la main de varlope, outre le fait que ça ne fait pas partie de ma panoplie de petite cuisinière illustrée et le fait non négligeable que je n'ai absolument aucune idée de ce qu'on est censé faire avec une varlope malgré le fait annexe que j'en aime bien le nom, je me contente de ce que j'ai, ce qui démontre à coup sûr une force d'âme exemplaire mais là n'est pas la question, vous en conviendrez aisément. Enfin vous en conviendrez. Peut-être.
En ce moment donc, j'ai une drôle d'histoire avec les verres. Il suffit qu'une certaine personne de ma connaissance passe dans la rue en me faisant coucou à travers la devanture pour que paf, j'en casse un. Pourquoi, mystère. Je le sentais déjà venir la semaine dernière, où l'un d'entre eux m'a sauté des mains pour atterrir (indemne, celui-là) à l'envers, dans le chili con carne qui était en train de mijoter tranquillement sans rien reprocher à personne. Il y a eu du chili partout sur les murs, ça faisait très Pollock première manière. Un signe, peut-être, que je ferais mieux de me consacrer à l'art qu'à la cuisine ? allez savoir. (Au cas où, ce soir je me mets au chant, vous aurez donc tout loisir demain de venir me reprocher les averses à prévoir.) Ce matin, un verre tout seul, tout triste, était posé sur la première marche du Café Clochette, devant ma porte. Il était vide, grand, plein de traces de doigts, et tout à fait égaré. Je me demande si faire le tour du quartier pour en retrouver le propriétaire légitime sera suffisant ou si je devrais faire des affichettes. Quelqu'un, quelque part, sans doute, en pleure la disparition.
Tiens, en parlant de disparition. Où est donc passé mon chouette ouvre-capsule ? Mon caviste m'en avait offert un pour l'ouverture il y a un an et demi et il m'avait accompagné jusqu'à il y a peu avec une constance louable. Sauf qu'il a disparu depuis trois semaines. Ca vaudrait peut-être le coup de faire des doubles affichettes. Faute de maîtriser la technique du briquet et en raison d'un attachement sentimental peut-être un peu bêbête pour mes dents de devant, je me suis rabattue sur un petit ôte-capsule en métal qui fait son office, certes, mais ce n'est pas pareil. On n'a pas nos vieilles habitudes.
Un autre qui me tourne le dos ostensiblement ces jours-ci malgré une vie commune sans histoires jusqu'à présent, c'est mon grand couteau d'inspiration japonaise. Depuis que je lui ai reproché un peu vertement sans doute la perte d'un tout petit bout de doigt, il me bat froid. Il se passe un truc, là. Je le sens bien. Je m'en vais surveiller les objets comme du lait sur le feu, aujourd'hui.

mercredi 2 juin 2010

Il joue à être garçon de Café

A la radio : "... ruée vers l'or... ville de pionniers... feu de camp..."
- Maman, c'est quoi des pionniers ?
- C'est des gens qui vont s'installer là où personne n'est encore jamais allé.
- Oh ! on pourrait faire ça ?
- Oui, pourquoi pas. Tu voudrais aller où ?
- A Glasgow !

mardi 1 juin 2010

L'oeil

Ni dans la tombe, ni de Moscou, voici l'oeil de Timirrou...
(photo PB)
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