lundi 1 novembre 2010

La furtivité de la girafe

- Mère, que fais-tu sur cet escabeau ?
Je me bidonne, mon fils. Ya pas à dire, depuis deux mois, MiniLoup a bien changé. Ca se voit à son vocabulaire, à la taille de ses chaussettes et à son intérêt soutenu pour "la même DS que Rémi, même que papa il a dit qu'il allait personnellement appeler le père Noël pour lui en parler, alors tu vois maman, quand même, hein ?" Quand même, oui. Le jeune Rémi, soit dit en passant, est un jeune collègue de la maman de MiniLoup puisqu'ils peinent sur les mêmes déclinaisons grecques et sur le patar plus ou moins furtif qu'on trouve en hébreu (et sur les feuilles éparses qu'on trouve partout par terre à la fin d'une soirée de révision intense, au milieu des touffes de cheveux). MiniLoup étant MiniLoup, il sympathise facilement avec les porteurs de matériel électronique, outils dangereux et tondeuses à gazon (plus rare). Si cet enfant ne devient pas ingénieur, c'est que le destin nous joue des tours.
Donc, ce que je faisais sur l'escabeau, c'était quoi déjà ? sais plus. Ah si, je voulais échapper à la souris. MiniLoup jouait à me faire peur et disait qu'il y avait une souris. C'était pour jouer, hein, en fait je n'ai pas du tout peur des souris. Enfin moins que des araignées. Et puis de toute façon, dans une maison pleine de chats, j'estime que le risque de se trouver nez à museau avec une souris est assez faible. Sauf dans les jeux avec MiniLoup. D'où l'escabeau. Vous voyez qu'on finit par arriver à l'explication.
J'aurais pu tout aussi bien monter sur l'escabeau pour aller regarder de plus près le tableau de la girafe. Le tableau de la girafe, il ne représente pas du tout une girafe. Il représente une planète avec des petits personnages gris et beaux et on l'aime beaucoup au Café Clochette. D'ailleurs il a donné son nom à la table, qu'on a surnommée donc "la table de la girafe" ou, pour faire court, "la girafe". D'où le code en cuisine : "la girafe a fini les entrées" ou "la girafe a eu son café ?" ou toutes les déclinaisons (argh) imaginables. Sauf que, comme je disais, le tableau de la girafe qui a donné son nom à la table de la girafe ne comporte pas du tout de girafe. C'est que nous avons de la mémoire, au Café Clochette, et que le tableau de la girafe, c'était le précédent, qui comportait effectivement une girafe. Là où ça se complique (parce que là, c'était encore simple), c'est que aujourd'hui même, le tableau de la girafe qui n'avait pas de girafe mais qui se trouvait au-dessus de la table de la girafe ainsi surnommée à cause de l'ancien tableau qui, il y a quelque temps, comportait une girafe (et la comporte toujours, mais plus au Café Clochette puisqu'elle est allée gambader dans la chambre d'une petite fille), ce nouveau tableau donc a été vendu. Horreur et mirliton au Café Clochette. Comment on va faire, maintenant ? On appelle la table "table de la planète" en vertu de la présence d'un tableau désormais absent ? Ce qui donnerait des expressions du genre "tu as amené le boeuf à la planète ?" ou "la planète vient de partir, on peut remettre le couvert pour deux". L'alternative, c'est de continuer à appeler la table "table de la girafe". Ce serait sûrement le plus simple. Enfin le moins compliqué, je veux dire.
Je crois que je peux repartir l'esprit en paix. Je ne suis pas certaine d'avoir été, sur ce coup-là, une partie de la solution plutôt qu'une partie du problème, mais j'ai le sentiment d'avoir fait avancer la situation. Reste à savoir dans quel sens, tiens. Tout ça pour dire que les histoires d'escabeau, c'est toujours plus étrange qu'il n'y paraît au premier abord. D'où la question de MiniLoup.
Quant aux tableaux et aux noms afférents aux tables qui les côtoient, quelque chose me dit que je ferais mieux de retourner à mes chères études et laisser Solo et Aude débrouiller cette situation pour le moins complexe. Au bout d'une semaine au Café Clochette, je n'ai toujours pas réussi à coincer ce fichu patar, je mélange toutes les déclinaisons et je m'aperçois que j'ai oublié la recette du brownie. Il y a des compétences qui s'égarent.
Ca s'appelle la croisée des chemins. Se retrouver à la croisée des chemins perchée sur un escabeau m'amuse assez, je dois dire.
- Eh bien tu vois, mon loup, je suis en train de m'interroger sur mon destin. Je me demande si je vais coincer ce patar, si la girafe va continuer à hanter ces lieux et si tu as encore des chaussettes à ta taille.
- Les chaussettes je sais pas, mais la souris c'est pas une girafe, tu sais maman. Tu peux descendre, ça risque rien.

3 commentaires:

kristina a dit…

quel plaisir de te relire, Pascale!!!

Anonyme a dit…

un petit coucou au passage ! même avec trois chats ici, j'ai encore entendu des souris au grenier cette nuit ;-)

magali

Griboos 1er a dit…

les Griboos hantent les murs de Clochette,les girafes et autre z'animaux!
Mon challenge aujourd'hui ramener la girafe dans les lieux !
biz a bientot

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